Accessibilité des handicapés : constat d'échec

(Julio PELAEZ Maxppp)

Un rapport publié ce mercredi revoit largement à la baisse le chantier fixé pour 2015 : rendre accessible aux handicapés tous les bâtiments publics du pays. Hors le rapport de l'Inspection Générale des Affaires Sociales (Igas) est formel : à trois années de l'échéance, seul 15% de ces bâtiments ont été équipés, et les délais ne pourront pas être tenus. L'Association des Paralysés de France veut pourtant mettre les bouchées doubles pour équiper un maximum d'endroits avant la date butoir.

Les associations avaient déjà alerté les pouvoirs publics
sur la lenteur menacante du dossier, et la ministre déléguée aux personnes handicapées Arlette Carlotti, avait concédé l'échec de la manoeuvre lors des derniers jeu paralympiques  : depuis 2005 et le vote de la loi
sur le handicap, tous les bâtiments publics avaient pour obligation de se
rendre accessible aux visiteurs handicapés. Le texte voté laissait alors une dizaine
d'années, jusqu'à 2015, pour effectuer les travaux nécessaires.

Hors, le rapport publié ce mercredi par l'Inspection
Générale des Affaires Sociales
(Igas) est sans appel : impossible de tenir
les délais, puisque sept après cette injonction, seuls 15% des bâtiments
ouverts au  public ont pu se mettre aux
normes.

Selon l'enquête, l'objectif fixé serait impossible à atteindre
"dans le contexte économique et budgétaire actuel ", en raison de
"l'ampleur des travaux à réaliser ", que les collectivités,
qui se serrent la ceinture, n'ont pas jugés prioritaires. Et pour cause :
l'addition tournerait autour des 20 milliards d'euros.

Exigences revues à la baisse

Seule solution évoquée par ce rapport : limiter la casse
et revoir immédiatement à la baisse les exigences de la loi, pour qu'un maximum
de structures se retrouvent équipées, dans le reste du temps imparti. Il s'agit
par exemple d'assouplir certains points, afin de pouvoir accélérer les travaux :
accepter une pente un peu plus raide que la norme pour accéder à une salle de
restaurant, ou encore autoriser la livraison de logements neufs pas encore
équipés mais qu'on pourrait modifier rapidement. La solution prônée :
conserver l'échéance de 2015, mais uniquement pour atteindre au moins la moitié
des objectifs fixés.

Mettre le turbo

Du coté des associations de handicapés, la pilule est amère,
et le constat "affligeant " comme l'explique Jean-Marie Barbier, à
la tête de l'association des Paralysés de France (APF).

"Ce qu'il faut, c'est décider comment on va s'y
prendre pour mettre le turbo d'ici à 2015" (Jean-Marie Barbier, de l'APF)

L'impatience gagne du terrain : au début du mois de septembre, un collectif d'artistes, en signe de soutien, a lancé une campagne-choc à l'entrée de plusieurs stations de métro non équipées. Des affiches proclamaient par exemple, à l'entrée de la station Invalides, des slogans évocateurs : "Paradoxe du jour : Invalides est inaccessible aux handicapés ".

Malgré tout, l'APF reconnait que le dossier de l'accessibilité progresse, même lentement. Parmi les points positifs : les bâtiments publics comme les piscines, les
bureaux de poste ou les centres commerciaux sont les bons élèves. Les stades, les mairies, ou les théâtres sont
en voie d'amélioration. Mais les petits commerces, eux, restent encore la bête noire
du public handicapé. 

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