L'amélioration des comptes de la Sécu est-elle crédible ?

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Le gouvernement présente aujourd’hui le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale pour 2012… il devrait annoncer une embellie des comptes pour cette année et l'an prochain... faut-il y croire Emmanuel ?

C’est vrai que lors de cet exercice rituel de début d’automne, les gouvernements (de quelque bord qu’ils soient) nous disent toujours que la situation s’améliore et que l’on assiste à un retour progressif des comptes de la sécu dans le vert. Qu’en est-il concrètement cette année ? Les économistes de toutes obédiences reconnaissent qu’il y a effectivement une amélioration. Toutes branches confondues (maladie, vieillesse, famille, maladies professionnelles...), le déficit devrait s'inscrire en baisse l'an prochain à environ 14 milliards d'euros... la seule branche maladie, qui représente le plus lourd fardeau de la Sécu, devrait descendre sous les 10 milliards en 2011 pour atteindre 6 milliards d'euros en 2012.

Comment expliquer l'amélioration pour 2011 ?

Deux sources d’économies… la première, ce sont : la modération des dépenses d’assurances maladies ; et les mesures prises par le gouvernement Fillon (baisse du prix de certains médicaments et déremboursement de ceux dont le service rendu s’est avéré faible). Deuxième explication : une bonne rentrée de cotisations grâce à la création de 125.000 emplois au premier semestre. Pour une fois, les projections de dépenses de l’assurance maladie n’ont pas été dépassées et la conjoncture (avec une augmentation de plus de 3 et demi% de la masse salariale sur les six premiers mois de l’année) a apporté sa pierre à l’édifice.

Peut-on être aussi optimiste pour 2012 ?

Alors là, l’exercice se complique. Le gouvernement se dit optimiste, en raison notamment de la poursuite prévue de la baisse du prix des produits de santé (entre 650 et 700 millions d’euros d’économies attendus) ; du relèvement de la taxe spéciale dont s’acquitte l’industrie pharmaceutique pour financer l’Agence du médicament ; et puis une contribution du plan de rigueur pour environ 6 milliards et demi d'euros. Mais c’est sans compter avec les incertitudes que la crise actuelle fait peser sur l’emploi au second semestre de cette année. Si la masse salariale ne progresse pas, cela fera moins de rentrées de cotisations, donc un manque à gagner non négligeable.

Et la taxe sur les mutuelles que le gouvernement a prévu dans son plan de rigueur… aura-t-elle un impact sur ces comptes ?

Sur les comptes de la Sécurité sociale, non… par contre, pour le patient, oui. Et pas dans le bon sens. Car si les mutuelles complémentaires répercutent la taxe sur leurs tarifs clients, beaucoup de familles n’ayant pas les moyens de supporter le reste à charge se priveront certainement des soins dont ils ont besoin. C’est le taux de couverture des Français qui serait atteint… intolérable au nom de l’humanisme le plus élémentaire… difficilement envisageable avant la Présidentielle de 2012.

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