François Hollande défend un budget européen ambitieux

François Hollande s\'adresse aux députés du Parlement européen, le 5 février 2013. 
François Hollande s'adresse aux députés du Parlement européen, le 5 février 2013.  (CHRISTIAN HARTMANN / REUTERS )

François Hollande s'est exprimé devant le Parlement européen, mardi. Il a réclamé un budget de "croissance", à l'opposé de la vision d'Angela Merkel ou de David Cameron.

François Hollande s'est exprimé devant les députés européens, mardi 5 février. Un discours programme sur l'Europe et un discours circonstancié en pleine négociation sur le budget 2014-2020 de l'Union européenne.

"Faire des économies oui, affaiblir l'économie, non." Il faut "éviter que les coupes budgétaires finissent par mettre en cause la croissance" : François Hollande a réaffirmé la ligne qui est la sienne depuis la campagne électorale. Face au Royaume-Uni et à l'Allemagne, qui réclament des coupes budgétaires, le président français a soutenu un budget ambitieux, à même selon lui de relancer la croissance sur le Vieux Continent. 

La défense de la croissance

En juin, Paris avait fait adopter son pacte de croissance, non sans créer des frictions avec ses partenaires européens. Berlin lui avait concédé cet ajout au traité budgétaire en échange de sa ratification par l'Assemblée nationale. Aujourd'hui, le président français cherche un nouveau compromis, mais n'hésite pas à hausser ouvertement le ton face à David Cameron (et à Angela Merkel).

"Mon devoir c'est de chercher un compromis, a affirmé François Hollande. Un compromis est possible, mais il doit être raisonnable et donc il va falloir raisonner ceux qui veulent amputer le budget au-delà de ce qu'il est possible d’accepter."

Le président français défend par exemple les politiques communes, c'est-à dire la politique de cohésion, qui vise à réduire les disparités dans l'Union, et la Politique agricole commune (PAC), nécessaires, juge-t-il, pour porter la croissance. Mais il est prêt à quelques concessions : concernant la PAC, qui bénéficie principalement à la France, il accepte une diminution des crédits, comme le propose la Commission européenne.

L'avertissement au Royaume-Uni

Le président français a attaqué le Royaume-Uni sans jamais le désigner. David Cameron est tenu pour principal responsable de l'échec des discussions sur le budget en novembre, et  depuis, l'attitude des dirigeants britanniques envers l'Europe s'est même radicalisée.

Le Premier ministre britannique a récemment annoncé un référendum sur la sortie de son pays de l'Union européenne. Face à cette intransigeance, François Hollande a lancé mardi : "Pourquoi un pays pourrait-il décider à la place des 26 autres ?"

Le président français a aussi demandé la fin de "l'augmentation des chèques et des rabais".  Une référence au chèque de 3,6 milliards d'euros perçu par le Royaume-Uni, en compensation du faible financement obtenu dans le cadre de la PAC. En plus des coupes budgétaires, David Cameron désire garder ce rabais. François Hollande a prévenu son partenaire britannique : "L'Europe ne peut pas être une addition de nations, chacune venant chercher dans l'Union ce qui lui serait utile pour elle et elle seule."

Ce discours offensif a été applaudi à de nombreuses reprises par les eurodéputés. Ces derniers désapprouvent les propositions de la Commission. La droite européenne (PPE) a durement critiqué une réduction du budget qui entraînerait une "faillite politique". La majorité des députés brandissent la menace d'un veto sur la proposition actuelle. Comme François Hollande dans son discours, ils désirent un budget ambitieux pour la décennie à venir.

 

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