Ouragans et "traumatisme psychique" : "La meilleure thérapie est de "reconstituer ce qui a été perdu ensemble"

Une mère et son enfant attendent de quitter l\'île de Saint-Martin, le 10 septembre 2017.
Une mère et son enfant attendent de quitter l'île de Saint-Martin, le 10 septembre 2017. (MARTIN BUREAU / AFP)

Christian Navarre, psychiatre et responsable de la cellule d'urgence médico-psychologique de Haute-Normandie était l'invité de franceinfo dimanche pour détailler les "traumatismes psychiques" qui peuvent frapper les victimes de catastrophes naturelles.

Depuis le passage dévasteur de l'ouragan Irma, plusieurs dizaines de milliers de personnes vivent dans des conditions précaires. "La seule mission la plus utile pour eux sur le plan psychologique, c'est de remettre leur cerveau physique en action" a expliqué Christian Navarre dimanche 10 septembre sur franceinfo. Il est responsable de la cellule d'urgence médico-psychologique de Haute-Normandie. La meilleure thérapie selon lui est de "reconstituer ce qui a été perdu ensemble."

Les sinistrés ont vécu quelque chose de terrible. Au petit matin, en ouvrant les portes, comme après un bombardement, tous leurs repères ont disparuChristian Navarre, psychiatre à franceinfo


Il a décrit comment s'installe "le traumatisme psychique" après un ouragan : "Notre société technologique supporte assez mal la force de la nature. Ces moments-là nous renvoient vraiment au moment primitif du début de l'humanité, avec cette impression d'être des fétus de paille." Selon le psychiatre, il faut "reconstruire, se tourner vers le futur, vers une résilience pour pouvoir recommencer une nouvelle vie. C'est là l'intérêt de toutes ces actions collectives de solidarité."

Christian Navarre a également insisté sur l'importance de l'aide venant de la métropole : "Cela montre aussi la solidarité humaine, et le rôle des politiques est aussi très important pour montrer que nous sommes avec eux, même si nous sommes à des milliers de kilomètres."

"Ils ont vécu une nuit d'angoisse, puis au petit matin, comme après un bombardement, tous leurs repères ont disparu" Christian Navarre, psychiatre, à franceinfo.
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