VRAI OU FAKE Que sait-on de cette vidéo virale qui montre un policier frapper un homme au sol ?

Capture d\'écran de la vidéo virale sur Twitter montrant des violences policières
Capture d'écran de la vidéo virale sur Twitter montrant des violences policières (TWITTER)

Cette vidéo a été tournée en mai 2017 aux Lilas (Seine-Saint-Denis), à l’est de Paris. Le policier auteur des coups avait été condamné à de la prison avec sursis en décembre de la même année.

Dans une courte vidéo postée sur Twitter le 24 mai et partagée près de 15 000 fois, on peut voir un policier frapper la tête d’un homme à terre. 

"Moi aussi j’ai peur de la police", écrit l’auteur de la publication, ajoutant les hashtags #ViolencesPolicieres #CameliaJordana, en référence aux récents propos de la chanteuse sur France 2. La cellule Vrai du faux vous explique ce qu’on sait de cette vidéo.

Une vidéo tournée il y a trois ans 

Cette vidéo ressemble en fait à une autre séquence tournée aux Lilas (Seine-Saint-Denis) dans la nuit du 26 au 27 mai 2017, et qui avait été aussi très relayée à l’époque. On y voit le même policier frapper à coups de pied un homme au sol à deux reprises.

La vidéo avait été diffusée sur France 3 dans une version un peu plus longue. On y aperçoit au tout début que le conducteur du scooter, au premier plan sur la gauche avec son blouson en cuir et le coffre de livraison rouge, est en train de filmer avec son téléphone portable. C’est sa version qui correspond à la vidéo virale publiée récemment : l’image est simplement inversée car tournée en mode selfie.

Un contrôle d’identité qui dégénère

L’homme au sol dans la vidéo est un père de famille de 40 ans, selon l’Obs, qui a recueilli le premier son témoignage. Cette nuit du 27 mai, vers 2 heures du matin, il se fait contrôler par une brigade de police devant un fast-food aux Lilas, une commune aux portes de Paris. L’homme est alors jeté à terre puis frappé à la tête par l’un des deux policiers.

A la suite de la diffusion de la vidéo, le ministère de l’Intérieur a suspendu le policier en attendant le résultat de l’enquête de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN).

Le policier condamné avec sursis

Jugé pour violences le 20 novembre 2017, le policier mis en cause a expliqué lors de l’audience que le plaignant était ivre, qu’il avait tenté d'uriner sur son véhicule et qu'il lui avait "craché dans la bouche". Des accusations démenties par le plaignant, qui réfute "toute violence verbale ou physique".

Le 18 décembre 2017, le Tribunal correctionnel de Bobigny a condamné le policier à dix mois de prison avec sursis et une interdiction d’exercer pendant deux ans. Son collègue, jugé pour non assistance à personne en danger, a été relaxé. "La vidéo, le fait d'avoir filmé ces faits-là a été déterminant", a alors déclaré l’avocate de la victime. Il faut faire des vidéos, c'est ce qui ressort de cette audience."

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