VRAI OU FAKE Que sait-on de cette vidéo virale de course-poursuite entre des policiers à moto et un homme à scooter ?

Capture écran de la course-poursuite filmée. 
Capture écran de la course-poursuite filmée.  (CAPTURE ECRAN TWITTER)

Partagée plusieurs milliers de fois sur les réseaux sociaux, une vidéo montre une course-poursuite qui se termine par la chute de l’homme poursuivi. Certains internautes dénoncent une "bavure policière". Selon la préfecture de police, c'est le conducteur qui a heurté la moto du policier.

La vidéo a été vue et partagée des dizaines de milliers de fois ces derniers jours sur Twitter et Facebook. Filmée en caméra-embarquée, elle montre trois policiers à moto poursuivant un homme à scooter. La course-poursuite se termine par la chute de l’homme en fuite. Certains internautes reprochent aux agents de ne pas avoir porté secours à l'homme poursuivi alors que celui-ci venait de chuter en plein milieu de l’autoroute.

Que s’est-il vraiment passé ? De quand date cette vidéo et où a-t-elle été filmée ? Qui est responsable de la chute de l’homme en fuite ? Que s’est-il passé après ? La Cellule Vrai du Faux vous explique.

La vidéo n'est pas récente

On ne trouve aucune indication de lieu ou de date dans les messages qui partagent cette vidéo en ce moment sur les réseaux sociaux. Mais grâce aux panneaux de signalisation sur les images, on peut identifier l'endroit de cette course-poursuite. En l'occurence, la scène se déroule sur l'autoroute A4, vers Charenton-le-Pont dans le Val-de-Marne, en direction de Paris.

Contactée par franceinfo, les policiers chargés de surveiller les autoroutes de l'Est en Île-de-France confirment ne pas avoir été informés d'un tel incident ces derniers jours, rappelant qu'en cas de course-poursuite les policiers doivent le signaler par radio au centre d'information et de commandement qui peut l'interrompre. 

Contactée par franceinfo, la préfecture de Paris précise effectivement que cette vidéo n'est pas récente : "Les faits datent du 14 avril 2017 sur l’autoroute A4".  L'homme est poursuivi pour excès de vitesse et refus d’obtempérer : "L’individu a été pris en charge par les motards compte tenu de sa vitesse excessive", précise la préfecture.

L'homme a été interpellé pour "les faits de refus d’obtempérer à une sommation de s’arrêter dans des circonstances exposant directement autrui à un risque de mort ou d’infirmité et conduite sans permis de conduire".

Le conducteur du scooter a été légèrement blessé

Le conducteur poursuivi "a percuté la moto de l’un des policiers par l’arrière gauche et a perdu le contrôle de son deux roues", affirme la préfecture de police de Paris qui dit également que le policier a été blessé et conduit dans un établissement hospitalier.

Suite à son interpellation, l'homme a également été conduit à l'hôpital, au CHU Henri Mondor de Créteil pour des blessures légères, a déclaré la préfecture de police de Paris à franceinfo. Enfin, "le mis en cause a été placé en garde à vue, le lendemain des faits, à l’issue de son hospitalisation et a été déféré au parquet de Créteil" . 

Les courses-poursuites encadrées pour éviter les accidents

Ces "courses-poursuites" ne sont pas interdites mais encadrées par des notes et des circulaires de la police nationale pour ne pas risquer un éventuel accident. Deux grands principes sont édictés : le "discernement" et la "proportion". Les poursuites de ce type, appelées "marquages" dans la police, peuvent être lancées si les faits reprochés sont de "grande gravité", expliquait Libération en mars 2019.

"Aucune situation ne peut justifier la blessure ou le décès d'un tiers ou d'un fonctionnaire de police, du fait d'actions trop risquées des intervenants", est-il notamment écrit. Ces consignes ont notamment été publiées à la suite du drame de Villiers-le-bel en 2007 où deux jeunes de 15 et 16 ans sont morts à moto après être entrés en collision avec une voiture de police, ce qui avait provoqué de violentes émeutes. Le fonctionnaire de police qui conduisait le véhicule au moment de l'accident a depuis été condamné à six mois de prison avec sursis pour "homicides involontaires".

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