La base aérienne 105 d\'Evreux, où exerçait un militaire dont le suicide, le 17 novembre 2017, a entraîné l\'ouverture d\'une enquête pour harcèlement.
La base aérienne 105 d'Evreux, où exerçait un militaire dont le suicide, le 17 novembre 2017, a entraîné l'ouverture d'une enquête pour harcèlement. (MAXPPP)

Une enquête pour harcèlement ouverte après le suicide d'un militaire homosexuel à Evreux

Le parquet d'Évreux a ouvert une enquête pour harcèlement après le suicide d'un militaire homosexuel, a annoncé la procureure de la République Dominique Puechmaille, mercredi 29 novembre. L'enquête a été lancée le 17 novembre, le jour du suicide, "à la suite de la découverte d'un courrier au domicile de la personne, évoquant des faits de harcèlement", selon la magistrate.

La victime visée par une plainte pour agression sexuelle

Selon l'époux de la victime, Sylvain Dumont, qui a répondu à l'AFP, le sergent "subissait des insultes à caractère homophobe (...) tous les jours à son travail". Dans son courrier, il écrit, toujours selon son veuf, que son supérieur hiérarchique voulait "le détruire".

L'enquête porte également sur "une plainte pour agression sexuelle, déposée contre le militaire en amont de son suicide", a indiqué la procureure. Selon son époux, le sergent nie toute agression sexuelle, accusant "son harceleur" d'être à l'origine de cette procédure. "Aucun scénario n'est privilégié à ce stade. C'est une enquête globale, longue et délicate", résume la procureure. 

Le responsable de la base militaire n'avait "pas connaissance" du harcèlement

L'enquête a été confiée à la section de recherche de la gendarmerie de l'air, selon le parquet. Selon Sylvain Dumont, les enquêteurs ont saisi le téléphone portable de son époux, ainsi que "deux ordinateurs et des notes manuscrites". Il affirme qu'il va "porter plainte contre l'État"

Le colonel David Desjardins, responsable de la base 105 d'Évreux où officiait le militaire, a fait savoir qu'il n'avait "pas connaissance de ces allégations [de harcèlement] avant le décès de la victime". Il affirme avoir été informé qu'une "plainte avait été déposée contre le sergent", mais qu'il n'en connaissait "pas la teneur". "Aucun signe précurseur" n'était remonté jusqu'à lui, a-t-il précisé.

Le colonel, qui a indiqué que le sergent était en permission le jour de son suicide, a souligné les "excellents états de service" de la victime. "L'armée de l'air condamne toute forme de harcèlement et d'homophobie. Cela va à l'encontre des valeurs qui nous animent", a-t-il poursuivi, ajoutant vouloir "que justice soit faite dans cette affaire".

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