Vendée Globe : l'abandon de Stéphane Le Diraison vu par ses sponsors

Stéphane Le Diraison a pris le départ de son premier Vendée Globe le 5 novembre 2016.
Stéphane Le Diraison a pris le départ de son premier Vendée Globe le 5 novembre 2016. (DAMIEN MEYER / AFP)

Le navigateur Stéphane Le Diraison a démâté après cinq semaines sur le Vendée Globe, mais ses principaux sponsors retiennent surtout du positif de cette aventure.

Le skipper Stéphane Le Diraison, classé à la dixième position du Vendée Globe, a été contraint à l'abandon après avoir démâté au sud de l'Australie samedi 17 décembre. L'ingénieur de 40 ans, qui participait pour la première fois à cette course à la voile en solitaire, sans escale et sans assistance, a pu réaliser son rêve grâce au soutien de sept mécènes, dont la ville de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). La municipalité a installé un PC Course au centre-ville où elle a déployé des oriflammes, des fanions et des grandes affiches pour encourager son champion.

La population de cette commune des Hauts-de-Seine, toutes générations confondues, a assisté à son aventure avec passion. "Toute la ville a suivi, raconte le maire Pierre-Christophe Baguet (LR). On a eu plus de 1 000 enfants qui sont allés au PC course. (...) C'était assez extraordinaire et les gens parlaient entre eux des aventures de Stéphane Le Diraison."

Il a fait rêver toute une villePierre-Christophe BaguetMaire (LR) de Boulogne-Billancourt

Le skipper, qui fait route vers la côte australienne par ses propres moyens, ne retrouvera la France que dans une dizaine de jours, mais les Boulonnais préparent déjà le retour du navigateur. "On va lui faire un accueil triomphal, précise Pierre-Christophe Baguet, et on va lui faire découvrir ce PC course qui l'a suivi car il entendait nos applaudissements et nos voix dans nos échanges, mais il ne nous voyait pas."

Un partenariat dans la durée

La Compagnie du Lit, autre sponsor de Stéphane Le Diraison, a investi plusieurs centaines de milliers d'euros. Le PDG de cette entreprise familiale spécialisée dans la literie, Éric Romedenne, ne connaissait même pas le skipper lorsqu'il s'est décidé à financer son aventure, mais il était convaincu du sens de la démarche. "J'ai dit aux salariés de l'entreprise qu'il y avait quelqu'un qui partage nos valeurs, qui est un ingénieur, qui est dans le monde du travail. Les employés ont suivi Stéphane à chaque instant sur internet." Malgré l'abandon, ce nouveau venu dans le monde de la voile affirme ne rien regretter. "Mon argent n'est pas parti à l'eau, assure Éric Romedenne, il sert une formidable aventure qui ne s'arrête pas là. Nous allons tout faire pour être au départ de la Jacques Vabre."

Avant de reprendre la mer pour la treizième édition de la course transatlantique qui débutera en novembre 2017, ce sont des considérations plus terre à terre qui vont occuper Stéphane Le Diraison et son équipe : ramener le bateau en France. Un porte-conteneur sera nécessaire pour rapatrier le navire de 4 tonnes. Olivier Carage, team manager du skipper et conseiller municipal délégué à Boulogne-Billancourt reconnaît que la tâche ne sera pas simple : "On fonctionne avec un budget assez réduit par rapport aux grosses écuries." Heureusement pour l'équipe Compagnie du Lit - Boulogne-Billancourt, des Français installés en Australie se sont manifestés pour apporter un soutien logistique.