Route du Rhum : "Dans le milieu de la voile comme dans tous les milieux masculins, les femmes ont plus de preuves à fournir que les hommes"

La navigatrice Isabelle Joschke sur son monocoque, le 21 septembre 2018, au large de Lorient.
La navigatrice Isabelle Joschke sur son monocoque, le 21 septembre 2018, au large de Lorient. (DAMIEN MEYER / AFP)

Pour parvenir à plus de mixité, la navigatrice Isabelle Joschke estime qu'il faut travailler à une éducation plus égalitaire dès la petite enfance.

La route du Rhum 2018 s'élance dimanche 4 novembre. Parmi les 123 skippers alignés sur la ligne de départ de cette course mythique entre Saint-Malo et la Guadeloupe, il y a seulement six femmes. L'une d'entre elles, Isabelle Joschke, explique vendredi 2 novembre sur franceinfo que "les femmes ont plus de preuves à fournir que les hommes".

franceinfo : Comment expliquer le fait qu'il y ait si peu de femmes cette année ?

Isabelle JoschkeIl n'y a pas beaucoup de femmes cette année car il n'y a pas beaucoup de femmes tout court dans ce milieu. C'est un milieu très engageant, très sollicitant, ce qui peut bloquer certaines femmes à s'investir dedans. Les freins sont d'ordre sociologique, mais ce n'est pas parce qu'on n'est pas assez accueillies, ni parce qu'on n'a pas de sponsor. De mon point de vue, le problème n'est pas là, car on trouve des sponsors même quand on est une femme. Le problème, c'est que les femmes n'osent pas se lancer. C'est une vraie carrière, qui se construit et pour arriver à la développer, il faut vraiment persévérer, pour moi c'est ça la clef.

Dans votre métier, les femmes doivent donc plus faire leurs preuves que les hommes ?

Ce n'est pas ce que je voulais dire, mais par contre vous avez raison, dans ce milieu comme dans tous les milieux masculins, les femmes ont plus de preuves à fournir que les hommes.

Vous êtes engagée pour l'égalité femmes-hommes, avec votre association Horizon Mixité, qu'est-ce qui est en tête de votre liste pour arriver à l'égalité ?

La priorité est de toucher un public très jeune, dès l'école primaire. Pour nous, dès l'éducation des très petits, il faut intervenir. Par exemple, on pousse moins les filles vers les milieux de la compétition, dans le sport. Du coup, plus tard, elles sont moins combatives et osent moins s'engager dans ce genre de carrières.

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