Violences sexuelles dans le patinage : "On a toujours su qu'il y avait des mentalités assez misogynes, mais pas à ce point-là", affirme Gabriella Papadakis

Les Français Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron sur aux Mondiaux de patinage, à Saitama (Japon), le 22 mars 2019.
Les Français Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron sur aux Mondiaux de patinage, à Saitama (Japon), le 22 mars 2019. (ATSUSHI TAKETAZU / YOMIURI / AFP)

Le couple vedette du patinage français, Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron, s'exprime pour la première fois sur les violences sexuelles dans leur sport.

"On a toujours su qu'il y avait des choses qui n'étaient pas forcément correctes, qu'il y avait des mentalités assez misogynes, mais pas à ce point-là", témoigne mercredi 4 mars en exclusivité sur franceinfo Gabriella Papadakis, multiple championne de patinage artistique avec Guillaume Cizeron, plus d'un mois après les révélations d'abus sexuels dans le patinage. Pour la première fois, les deux stars du patinage français s'expriment sur cette affaire qui a éclaté fin janvier, alors que le couple était en vacances.

"J'ai été choquée"

Gabriella Papadakis se dit "révoltée" par la gravité des faits, mais n'en a pas été surprise. "On savait qu'il y avait des choses problématiques, mais pas aussi graves que ça, j'ai été choquée", assure-t-elle. Pour son partenaire, Guillaume Cizeron, ces révélations ne sont pas l'apanage du patinage : "Je pense que ce n'est pas seulement un problème dans la fédération française, que ce n'est pas seulement un problème dans le sport, c'est un problème de société".

On savait qu'il y avait des choses problématiques, mais pas aussi graves que çaGabriella Papadakisà franceinfo

Gabriella Papadakis salue les femmes qui ont témoigné des violences sexuelles : "C'est très bien que ça sorte, c'est très positif". "Je vois ça plutôt d'un bon œil, même si la situation [actuelle] est compliquée", ajoute la championne de patinage artistique qui "espère que ça ne va pas trop déstabiliser les athlètes". Guillaume Cizeron estime pour sa part que ces révélations peuvent ouvrir une nouvelle ère, plus saine, au sein du sport : "On est en train d'avancer vers des changements qui protègent probablement plus les enfants, et c'est positif", salue-t-il. "C'est bon pour la société aussi d'enlever les tabous sur ces questions-là et de vraiment faire de choses concrètes", note-t-il.

Après la démission de Didier Gailhaguet de la tête de la fédération française de patinage, mis sous pression par la ministre des Sports, Roxana Maracineanu, le poste de président a été laissé vacant. L'élection de son successeur doit avoir lieu le 14 mars. Gabriella Papadakis assure ne pas vouloir s'investir dans cette élection : "On ne peut pas être athlète, s'entraîner à l'autre bout du monde, et s'impliquer à l'intérieur de la fédération. Ce n'est pas mon travail, ce n'est pas mon niveau d'expertise, en tout cas en ce moment". Les deux patineurs ont une autre échéance en tête, les championnats du monde de patinage artistique, du 16 au 22 mars prochain au Canada.

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