Violences sexuelles dans le sport : "La parole se libère et va continuer à se libérer", annonce la déléguée ministérielle à la lutte contre les violences dans le sport

Fbienne Bourdais, déléguée ministérielle à la lutte contre les violences dans le sport.
Fbienne Bourdais, déléguée ministérielle à la lutte contre les violences dans le sport. (DANIEL DERAJINSKI / HANS LUCAS)

Fabienne Bourdais avait lancé, il y a quatre mois, une convention nationale de prévention des violences sexuelles dans le sport. Elle dit avoir traité, en six mois, plus d'affaires que le bilan des dix dernières années.

"La parole se libère", a commenté mercredi 1er juillet sur franceinfo Fabienne Bourdais, la déléguée ministérielle à la lutte contre les violences dans le sport, après que la ministre des Sports Roxana Maracineanu a indiqué que près de 180 personnes sont mises en cause dans des affaires présumées de violences sexuelles dans le sport. La ministre a effectué un premier bilan quatre mois après avoir lancé, en février, une convention nationale de prévention des violences sexuelles dans le sport.

On peut voir que depuis la mise en place de la cellule au ministère des Sports, nous avons traité en terme de police administrative, c'est-à-dire des interdictions d'exercer, plus d'affaires en six mois que dans les dix dernières années.Fabienne Bourdais, déléguée ministérielle la lutte contre les violences dans le sportà franceinfo

"Cela illustre que la parole se libère. Et nous y donnons suite à chaque fois qu'un signalement nous est remonté et quelle que soit l'origine du signalement", de victimes, de fédérations ou "de toute personne qui a connaissance de ces faits".

La déléguée interministérielle note qu'avant la grande enquête du site d'information Disclose sur des cas de pédophilie dans le sport, et avant le témoignage de la patineuse Sarah Abitbol, le ministère avait "déjà traité des signalements de ce type, mais ils étaient extrêmement rares. Depuis le début de l'année, les témoignages continuent de nous arriver", précise la déléguée ministérielle.

Le fait d'en avoir parlé permet à des personnes qui ont vécu des choses terribles, y compris il y a longtemps, de s'exprimer maintenant parce qu'elles savent que des suites vont être données. Ce ne sont pas des témoignages comme des bouteilles à la mer.Fabienne Bourdaisà franceinfo

Fabienne Bourdais certifie qu'il y a "bien un suivi qui va être assuré". Si la justice peut se saisir des signalement, Fabienne Bourdais met aussi en avant "une action de l'Etat qui doit permettre de faire en sorte que les prédateurs ne soient plus en contact avec les victimes".

Des dispositifs de libération de la parole dans les fédérations

Sur les "177 situations signalées, 40 fédérations sont concernées", détaille la déléguée interministérielle. "On voit que certaines disciplines peuvent être a priori plus concernées que d'autres." Mais le ministère n'en déduit pas pour autant "que ce sont des disciplines où il y aurait plus de violences sexuelles que dans d'autres fédérations". Elle souligne que "le fait d'avoir médiatisé des témoignages dans certaines disciplines a forcément eu un effet libérateur de la parole dans ces disciplines-là". Elle ajoute que des fédérations "ont mis en place des dispositifs de libération de la parole en leur sein".

"On peut penser que la parole va continuer à se libérer", espère Fabienne Bourdais, "y compris dans des disciplines qui ne sont peut-être pas très représentées aujourd'hui parmi cette triste liste".

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