Trois choses à savoir sur Romain Bardet, candidat au maillot jaune du Tour de France 2017

Le Français Romain Bardet lors de sa victoire sur la 12e étape du Tour de France entre Pau (Pyrénées-Atlantiques) et Peyragudes (Hautes-Pyrénées), le 13 juillet 2017.
Le Français Romain Bardet lors de sa victoire sur la 12e étape du Tour de France entre Pau (Pyrénées-Atlantiques) et Peyragudes (Hautes-Pyrénées), le 13 juillet 2017. (DAVID STOCKMAN / BELGA MAG / AFP)

Bien placé pour finir, au moins, sur le podium du Tour de France 2017, le coureur cycliste de l'équipe AG2R-La Mondiale est en train de gagner le cœur des Français autant par sa combativité durant les étapes que par son sourire devant les caméras.

Il impressionne étape après étape. Romain Bardet, 1,84 mètre pour 65 petits kilos, n'est plus une révélation, mais il est en train de s'imposer comme un poids lourd du peloton. Le jeune cycliste de 26 ans, fils d'un père instituteur et d'une mère infirmière, est classé troisième au classement général du Tour de France 2017, jeudi 20 juillet, à quelques secondes du maillot jaune. L'Auvergnat peut légitimement espérer (au moins) un podium à l'arrivée dimanche sur les Champs-Elysées. Franceinfo se penche sur la personnalité du meilleur coureur français.

1Il est très famille

La passion du vélo lui est venue par son père. "Il était coureur régional. Il regardait les épreuves à la télé. Mais c’est surtout les courses de niveau régional, que j’allais voir et qui me stimulaient. Mon père faisait la course et moi je faisais pareil le soir sur un parking", explique-t-il ainsi dans une interview à Libération. A huit ans, lors d’une course de jeunes à Brassac (Tarn), il réalise qu'il a l'âge pour faire des compétitions. Il prend alors sa première licence quelques mois plus tard.

La famille reste cruciale dans la vie du jeune coureur cycliste. En classe de seconde, il tente une section sport études à Riom (Puy-de-Dôme), "mais je ne vivais pas très bien l’éloignement de la famille et suis revenu à Brioude", raconte-t-il à LibérationSes proches continuent de jouer un rôle primordial tout au long de sa carrière. "Je ne consulte pas de spécialiste pour l'aspect mental. Je l'améliore grâce aux moments que je passe en famille", assure-t-il au Parisien.

Mon cocon avec mes proches, c'est ce qui me permet de me sentir bien ensuite.Romain BardetLe Parisien

2Il passe pour un intello

En 2016, Stade 2 lui consacre un long sujet. Le reportage s'ouvre sur un Romain Bardet, visage fermé, en train de déguster un expresso tout en feuilletant le magazine Courrier international. Le jeune coureur traîne une réputation de grosse tête du peloton. Licencié de droit et diplômé de management à l’école de commerce de Grenoble, le sportif a mené de front sa carrière de cycliste et ses études.

Les portraits qui lui sont consacrés oublient rarement de mentionner qu'il est un lecteur assidu du Monde diplomatique et qu'il se passionne pour l'actualité politique. "Il pouvait étudier des livres de droit pendant les trajets pour se rendre aux entraînements en équipe de France", se souvient l'entraîneur national Bernard Bourreau, qui a longtemps travaillé avec les espoirs. Une manière pour lui de se changer les idées, explique-t-il à Libération "Déjà, avec les copains de l’équipe, on parle pas mal de vélo. Si, dans ma chambre, je regarde des sites de vélo, c’est un coup à disjoncter."

Mais Romain Bardet s'agace parfois de cette réputation. "Je suis avant tout coureur cycliste. Je ne suis pas un étudiant qui fait du vélo", répond-il au site au site Vélochrono. "Je ne veux pas qu'on me fasse passer pour la tronche du peloton", souffle-t-il également dans le JDD. Mais il se met parfois lui-même en scène cet aspect, comme lorsqu'il tweete le contenu de ses affaires avant de partir pour le Tour 2016 et qu'il prend soin de disposer un exemplaire du Monde diplomatique.

3Il ne laisse rien au hasard

Un grand champion soigne le moindre détail. Préparateur physique, nutritionniste, entraîneur, Romain Bardet a su s'entourer pour une préparation minutieuse. "Romain parcourt près de 26 000 km par an, courses comprises. Il fait entre vingt et vingt-cinq heures de vélo par semaine", détaille au Parisien son entraîneur, Jean-Baptiste Quiclet. Un coach devenu indispensable au coureur, comme il le confie au quotidien : "Je passe plus de temps au téléphone avec lui qu'avec ma compagne."

Romain, c'est comme une Formule 1. C'est dans les plus petits détails qu'il va chercher ses succès.Philippe Chevallier - manager de l'équipe AG2RLa Parisien

Chaque jour, il passe du temps à décortiquer les données sur ses entraînements avec son entraîneur. Et la vie de coureur cycliste impose des sacrifices, comme il le confie à Libération"Quand mes amis m’appellent le soir pour aller boire un coup, et que je sais que ça peut durer, je dois refuser parce qu’il faut que je me couche tôt."

Mais Romain Bardet tente parfois de casser cette image de coureur méticuleux à l'excès. Il aime rappeler par exemple qu'il aime le bon vin ou certaines spécialités de sa région natale. "J’aime la cuisine auvergnate, comme l’aligot. J’apprécie aussi les plats caloriques à base de fromage. Mais c’est à consommer avec modération", reconnaissait-il dans une interview à Cyclisme Mag.