Tour de France : la folle arrivée sur le mont Ventoux en trois rebondissements

L\'Australien Richie Porte, le Néerlandais Bauke Mollema et le Britannique Christopher Froome sont tombés à terre lors de l\'ascension du mont Ventoux, le 14 juillet 2016.
L'Australien Richie Porte, le Néerlandais Bauke Mollema et le Britannique Christopher Froome sont tombés à terre lors de l'ascension du mont Ventoux, le 14 juillet 2016. (BERNARD PAPON / POOL / AFP)

Christopher Froome a cru perdre son maillot jaune, lors d'une chute. Après un long suspense, les commissaires lui ont finalement laissé la première place au général.

Situation rarissime, lors de la 12e étape du Tour de France 2016. Tranquille leader au classement général, Christopher Froome a chuté dans l'ascension du mont Ventoux, jeudi 14 juillet. Désorienté, le Britannique a tenté de rallier la ligne d'arrivée en courant, avant de se raviser et d'enfourcher successivement deux vélos pour pouvoir terminer l'étape.

A ce moment-là, le coureur avait perdu la première place du classement général. C'était sans compter les commissaires de course, qui ont finalement tenu compte des circonstances de la chute et sauvé son maillot jaune. Retour en actes sur une fin d'étape un peu folle.

Acte 1 : chute et course à pied dans l'ascension

En pleine ascension finale, une moto est contrainte de s'arrêter au beau milieu de la route, bloquée par des spectateurs. Derrière, trois cyclistes ne peuvent éviter la chute : Richie Porte (BMC), Bauke Mollema (Trek-Segafredo) et, surtout, le maillot jaune Christopher Froome (Sky), qui tente de repartir mais doit abandonner son vélo, cassé.

Le Britannique pense alors rejoindre la fin de l'étape à pied et commence une improbable course à pied, en consultant son oreillette. Le réglement impose aux coureurs de franchir la ligne avec un vélo, même à la main. Il profite d'un première bicyclette mais doit rapidement l'abandonner et mettre pied à terre, car elle n'était pas compatible avec ses chaussures. Il en enfourche une seconde, à 300 mètres de l'arrivée, et franchit la ligne avec beaucoup de retard. A ce moment-là, il compte 53 secondes de retard sur Adam Yates au classement général provisoire, dont il occupe la sixième place.

Acte 2 : suspense après la ligne d'arrivée

A l'arrivée, c'est la confusion la plus totale. "Le tour est plein de surprises", se lamente Christopher Froome. Personne ne sait vraiment ce qui est arrivé au maillot jaune. "Ce n'est pas un fait de course mais un événement exceptionnel. Ce n'est pas un seul spectateur, mais ce sont des centaines de supporters sur quelques mètres qui ont causé ça, plaide Nicolas Portal, le directeur sportif de l'équipe Sky. C'est dur de vous répondre, ça fait chier franchement." Pendant ce temps, les commissaires de course étudient les ralentis de la chute. Christopher Froome patiente, non sans espoir.

Après de longues minutes, il obtient satisfaction. Les commissaires de course décident de lui attribuer le même temps que Bauke Mollema, avec qui Chris Froome a été pris dans l'incident. Ce dernier conserve ainsi son maillot jaune et rédige un tweet pour l'annoncer.

Christopher Froome monte sur le podium pour enfiler son maillot jaune, mais il essuie quelques sifflets. Qu'importe. "Je suis très content avec la décision des commissaires, réagit le Britannique. Je crois que c'était correct, merci à eux et à l'organisation du Tour de France."

Acte 3 : explications de l'organisation

"La décision a été prise par le collège d'experts de l'UCI [l'Union cycliste internationale], précise le directeur de la course, Christian Prudhomme, qui évoque des problèmes dans la sécurisation du tracé, liés au vent violent. "Il y a eu un engorgement de spectateurs. On n'a pas pu installer les barrières comme prévu car tout s'envolait. La moto de télévision a été bloquée et une enquête a été ouverte pour savoir ce qui s'est passé. Décision exceptionnelle pour situation exceptionnelle." Le collège des commissaires efface le retard des coureurs impliqués dans l'incident, y compris Nairo Quintana et Alejandro Valverde, et leur attribue le temps des coureurs qui les accompagnaient lors de la chute.

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