"Ça fait 64 ans que je vis dans le 'poulidorisme'" : en Haute-Vienne, dans le village de Raymond Poulidor, ses amis se souviennent d'un homme "adulé"

Raymond Poulidor, sur le parcours de la cinquième étape du Tour de France, à Saint-Léonard-de-Noblat, en Haute-Vienne, le 6 juillet 2016.
Raymond Poulidor, sur le parcours de la cinquième étape du Tour de France, à Saint-Léonard-de-Noblat, en Haute-Vienne, le 6 juillet 2016. (MATTHIEU DE MARTIGNAC / MAXPPP)

Les amis du champion cycliste, décédé mercredi à Saint-Léonard-de-Noblat (Haute-Vienne), se sont réunis dans le tabac-presse de la commune pour partager leurs souvenirs.

L'émotion est très forte à Saint-Léonard-de-Noblat, en Haute-Vienne, où Raymond Poulidor s'est éteint à l'âge de 83 ans, mercredi 13 novembre. Il faut dire que "Poupou" était partout, avec une sculpture en bois à son effigie, une avenue, et même un stade à son nom. Il était surtout une figure dans la ville, présent tous les jours au tabac-presse de Marie-Jeanne, sur la place centrale de Saint-Léonard. "Je me souviens de son sourire quand il passait la porte, de son journal, de son vélo garé devant les commerces et de sa baguette sous le bras", confie la commerçante. "Il y avait toujours des copains qui le rejoignaient."

C'est d'ailleurs ici que ses amis ont choisi, encore une fois, de se retrouver mercredi 13 novembre pour partager leurs souvenirs. Hubert Fraisseix a grandi avec Raymond Poulidor, et il a du mal à imaginer la suite. "Quand on partait dans les réunions d'anciens professionnels à Marseille, à Lyon, c'est toujours moi qui l'amenais, avec ma voiture. Maintenant, je ne pourrai plus l'amener", déplore-t-il. "Il me disait 'tu sais Hubert, on a de la chance tous les deux parce qu'on a réussi alors qu'on sortait d'un milieu quand même très pauvre'. On n'avait pas d'eau à la maison, on n'avait pas de chauffage dans les chambres, pas de toilettes, rien."

"Il n'avait aucune promesse de vie"

Parti de rien mais resté simple, c'est l'image que tous gardent de Raymond Poulidor dans son village de Haute-Vienne. Cela explique aussi sa popularité selon Bernard Verret, ancien journaliste, devenu l'un de ses proches. "Il venait du fin fond de la Creuse, de la terre, il n'avait aucune promesse de vie. On pouvait s'identifier à lui, et avec ses jambes il avait défié tout le monde."

A commencer par les plus grands : Jacques Anquetil, Eddy Merckx et même Bernard Hinault. Jean-Pierre Micaud, son ami depuis 64 ans, est ainsi venu avec une photo montrant "son" Raymond, posant fièrement aux côtés d'Anquetil et Hinault. "Ça fait 64 ans que je vis dans le 'poulidorisme' ", affirme-t-il. "C'était la personne adulée. Quand il a senti ses derniers jours venus, il nous a toujours regardés les yeux dans les yeux, et il nous a dit 'c'est fini cette fois-ci'. J'ai dit 'non Raymond, c'est pas fini', et il m'a répondu : 'Si, mais je sais que vous pensez toujours à moi'."

Je suis fier d'être son amiJean-Pierre Micaudà franceinfo

La fierté, un sentiment partagé par tous les habitants de Saint-Léonard, venus remplir mercredi 13 novembre le livre d'or à la mairie. Parmi les mots, on peut y lire : "Merci pour ce bel exemple de courage. Populaire jusqu'au Pérou, ma belle-fille péruvienne ne manquait jamais de chercher son "Poupou" à chaque étape dans les Pyrénées."

En Haute-Vienne, dans le village de Raymond Poulidor, ses amis se souviennent d'un homme "adulé" - Le reportage de Fanny Lechevestrier
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