Après 15 mois de suspension pour dopage, le retour de Maria Sharapova fait grincer des dents

La joueuse de tennis russe Maria Sharapova à l\'entraînement au premier jour du tournoi de Stuttgart, le 26avril 2017.
La joueuse de tennis russe Maria Sharapova à l'entraînement au premier jour du tournoi de Stuttgart, le 26avril 2017. (BERND WEISSBROD / DPA)

Plusieurs joueuses de tennis françaises dénoncent la médiatisation et les invitations dont bénéficie Maria Sharapova, suspendue 15 mois pour dopage et qui fait son grand retour en compétition ce mercredi à Stuttgart.

Maria Sharapova jouera-t-elle à Roland-Garros dans quelques semaines ? L'incertitude demeure. La Fédération française de tennis (FTT) a refusé d'aborder la question, mercredi 26 avril, lors d'une conférence de presse de présentation du tournoi de Roland-Garros, preuve que le sujet est sensible. La FTT ne se prononcera sur une éventuelle invitation que le 15 mai prochain. La joueuse de tennis russe fait son grand retour en compétition, ce mercredi, à Stuttgart, après 15 mois de suspension pour dopage. Elle a l'intention de remonter dans le classement mais aussi dans l'estime du public et des sponsors.

Maria Sharapova, c'est un peu l'histoire d'une résurrection. Mais cette histoire ne plaît pas à tout le monde, et c'est un euphémisme. Certes, la joueuse a purgé sa sanction mais, alors qu'elle n'a plus de classement mondial, elle bénéficie d'invitations par les organisateurs de plusieurs tournois : Stuttgart, puis Madrid et Rome en mai.

Invitée comme une star à des tournois WTA 

Normalement, ces wild-card sont dévolues aux jeunes espoirs du pays ou à des joueurs revenant de blessure. Mais pas à des sportifs suspendus pour dopage. C'est cela qui sème la zizanie dans le tennis féminin. "Qu'elle revienne, cela ne me gêne pas, elle a eu ses 15 mois de suspension, assure la Française Pauline Parmentier, 41e mondiale. Qu'elle ait des wild-card, pour moi, c'est un peu plus gênant parce qu'elle est aidée après une suspension de dopage, donc ça me fait un peu tiquer."

Je sais que si cela nous arrivait, les wild-card on pourrait les oublier.Pauline Parmentier, joueuse de tennis françaiseà franceinfo

Ce qui est également dénoncé, c'est la façon dont la Women's tennis association (WTA), qui gère le tennis féminin mondial, a fait du bruit autour de ce retour. La WTA s'en était même félicité sur les réseaux sociaux, ce qui a fait bondir une autre joueuse, Alizé Cornet. "C'est vraiment incroyable qu'on en soit arrivé là dans le tennis féminin, à faire de la promotion pour une fille qui a été contrôlée positif au Mélodium et qu'on mette en avant son retour à ce point", s'insurge la 64e mondiale.

Je trouve ça un peu honteux que la WTA fasse de la promotion pour le retour de Maria Sharapova.Alizé Cornet, joueuse de tennis françaiseà franceinfo

Mais le sport se heurte aux affaires, au tennis-business. Maria Sharapova attire les caméras et fait vendre. Il suffit de regarder le tournoi de Stuttgart pour s'en convaincre : 13 caméras de télévision cette année, contre deux seulement l'an passé. Or, le tennis féminin est aujourd'hui en cruel manque de stars pour faire sa promotion, surtout après l'annonce de la grossesse de Serena Williams, éloignée des courts. Sharapova, à la plastique parfaite, a été durant onze ans la joueuse la plus payée au monde avec de nombreux contrats publicitaires. C'est tout sauf un hasard.