Coupe Davis : le cas Roger Federer fait monter la pression

(Roger Federer accompagné de Stanislas Wawrinka © MAXPPP)

Roger Federer a bien été aligné pour la finale de Coupe Davis vendredi entre la France et la Suisse. Mais son état de forme, des douleurs au dos, alimente toutes les conversations à Lille. Les joueurs français refusent d'envisager un forfait de sa part, quand les supporters suisses ne savent pas trop sur quel pied danser.

A Lille, le petit jeu parmi les journalistes dure depuis quelques jours. Chacun scrute attentivement le moindre regard, sourire, la moindre grimace de douleur sur le visage de Roger Federer. Et pour l'instant, difficile d'apprendre quoi que ce soit par ce biais, tant le visage du numéro deux mondial ne traduit rien, si ce n'est la sérénité du champion pas tombé de la dernière pluie.

La foule de journalistes suisses qui suivent le Bâlois - et placent en lui une bonne partie de leurs espoirs de victoire - se montre pour le moment confiante. La réflexion générale est la suivante : si forfait il devait y avoir, on ne le saurait que vendredi, au dernier moment. Le capitaine de l'équipe suisse Séverin Lüthi a jusqu'à une heure avant le début du premier simple, soit 13h, pour changer son fusil d'épaule, certificat médical à l'appui. Roger Federer lui-même n'a pas donné beaucoup d'indications jeudi midi à la chambre de commerce et d'industrie de Lille, lors du tirage au sort. Souriant, il a répondu à toutes les questions. "Je suis heureux d'en être là où je suis ", a-t-il notamment affirmé. A l'entendre, hors de question de "sécher" la première rencontre face à Gaël Monfils pour se concentrer sur le match de dimanche contre Jo-Wilfried Tsonga. Simon Meier, journaliste au Matin , implore le champion dans son article : "Il n'y a qu'un seul truc à faire, Roger : ramener la Coupe Davis en Suisse ".

(Roger Federer lors du tirage au sort de la finale à Lille, jeudi matin © Radio France/Yann Bertrand)

Les Français refusent de croire au forfait

Difficile, de toute façon, de tirer la moindre conclusion du tirage au sort officiel sous les ors de la chambre de commerce lilloise. Tous les joueurs - suisses comme français - étaient là pour la photo, souriants parfois, l'air ennuyé souvent. Et non pas pour dévoiler les cartes d'une finale qui s'annonce tactique. Pour le capitaine de l'équipe de France, Arnaud Clément, "nous avons axé toute notre préparation pour jouer contre Roger et Stan (Wawrinka), donc pas de surprise ". Gaël Monfils, premier adversaire du numéro deux mondial vendredi : "Je connais Roger. S'il va sur le court, c'est qu'il est à 100 % ". Il rajoute même : "Il ne faut pas oublier qu'il a eu quatre jours de repos... "

(La Coupe Davis, tant convoitée, attend sagement son vainqueur © Radio France/Yann Bertrand)

Sur le terrain, les choses se précisent aussi. Apparu emprunté lors de son premier entraînement mardi, Roger Federer a paru bien plus en forme ce jeudi. Dans ses déplacements et sa frappe de balle, le Suisse semble doucement se rapprocher de cette forme tant désirée, lui qui est en quête du dernier titre qui manque à son incroyable palmarès.

Les supporters l'attendent, malgré tout

L'état de santé annoncé précaire de Roger Federer n'a en tout cas pas empêché ses (nombreux) supporters de venir l'attendre à Lille dès ce jeudi matin, veille de la finale. Lors de son arrivée à la chambre de commerce de Lille pour assister au tirage au sort, il a soulevé cris et flashs de la centaine de personnes attendant fébrilement devant les grilles. La star, c'est lui. Quitte à éclipser son coéquipier, le numéro quatre mondial Stanislas Wawrinka, pourtant tout aussi redoutable et qui, lui, semble dans une forme éblouissante après avoir perdu en demi-finale du Masters la semaine dernière contre son compatriote.

Dans les rues lilloises, la ferveur n'est pas encore au rendez-vous, les cloches des supporters suisses ne sont pas encore arrivées en masse. Philippe et son épouse Denise, débarqués de Zurich, eux sont là. Et ils y croient : "Un Federer à 80 % peut battre un joueur français ", annonce fièrement le supporter sous sa casquette.

(Philippe et Denise, supporters suisses motivés et confiants © Radio France/Yann Bertrand)
Philippe, supporter suisse : "De toute façon, s'il était forfait, il l'aurait pas annoncé maintenant..."
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Le suspense - vrai ou faux - durera quoi qu'il arrive jusqu'à vendredi, 13h. La participation de Roger Federer à cette finale de Coupe Davis est trop importante pour ne pas alimenter toutes les conversations d'ici là. Et, honnêtement, ne pas voir jouer l'un des meilleurs joueurs de tous les temps devant les 27.000 spectateurs du stade Pierre-Mauroy de Villeneuve-d'Ascq gâcherait aussi un peu la fête.

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