Procès des supporters de Chelsea : la victime veut que ses agresseurs "voient qu'ils ont touché un père de famille"

Souleymane Sylla a été victime d\'une agression raciste dans le métro parisien en février 2015
Souleymane Sylla a été victime d'une agression raciste dans le métro parisien en février 2015 (PATRICK KOVARIK / AFP)

Le procès des supporters du club de football de Chelsea, qui avaient agressé un homme dans le métro parisien en février 2015 en raison de la couleur de sa peau, s'ouvre mardi à Paris. Leur victime affirme être toujours traumatisée.

"J'ai été choqué. Je veux que ces hommes soient jugés." Voilà quasiment deux ans que Souleymane Sylla attend ce jour : l'ouverture du procès mardi 3 janvier des quatre supporters de football anglais qui ont bouleversé sa vie. Ce 17 février 2015, à Paris, ce père de famille rentre du travail. À la station de métro Richelieu-Drouot, quatre Anglais, venus à l'occasion du match de Ligue des champions entre leur club de Chelsea et le PSG, l'empêchent brutalement de monter à bord d'une rame en criant "Nous sommes racistes et fiers de l'être"

Un traumatisme toujours présent

La vidéo de l'agression de Souleymane Sylla avait choqué la France entière, faisant même réagir le président François Hollande. "Pour moi, ces choses-là n'arrivaient que dans les films. Moi j'entendais l'histoire de Rosa Parks, mais je ne croyais pas que ça allait m'arriver à moi", explique cet homme de 33 ans, en référence à la figure de la lutte contre la ségrégation raciale aux États-Unis. 

Depuis son agression, Souleymane Sylla a du mal à trouver le sommeil. "J'ai pris des médicaments. Avec l'aide de mon médecin et de mon psychologue, j'ai pu reprendre le travail progressivement, mais ce n'est pas facile, raconte-t-il. Mes enfants aussi ont été choqués. Je veux que ces hommes voient qu'ils ont touché un père de famille."

Pendant deux ans, mon travail s'est partagé entre mes avocats, mon psychologue, ma femme et mes enfantsSouleymane Syllaà franceinfo

Reste à savoir si les quatre supporters anglais convoqués par la justice française seront présents mardi après-midi devant le tribunal. Ils peuvent toutefois être condamnés à des peines de prison, même en leur absence.