L'alpinisme inscrit à l'Unesco : "Ce n'est pas une médaille, c'est au contraire un commencement", pour le maire de Chamonix

Des alpinistes sur le massif du Mont Blanc, le 26 juin 2016 (illustration).
Des alpinistes sur le massif du Mont Blanc, le 26 juin 2016 (illustration). (JEAN-PIERRE CLATOT / AFP)

Éric Fournier se réjouit de l'inscription de l'alpinisme au patrimoine immatériel de l'Unesco. "C'est une reconnaissance d'un milieu et des gens qui pratiquent une activité qui se fait en autonomie", a affirmé le maire de Chamonix.

Dans un contexte de réchauffement climatique, les montagnes "doivent être de véritables laboratoires" pour proposer "des solutions plus innovantes", a affirmé sur franceinfo jeudi 12 décembre Éric Fournier, le maire de Chamonix et président de la communauté de communes de la vallée de Chamonix. "C'est aussi ça que nous défendions dans cette candidature", a expliqué l'élu, après l'inscription de l'alpinisme, l'art de gravir des sommets et des parois en haute montagne, au patrimoine immatériel de l'Unesco.

franceinfo : Avez-vous fêté cette belle victoire ?

Eric Fournier : On a un petit peu fêté ça parce que ça fait sept ans que nous travaillons sur cette candidature. Mais ce n'est pas une médaille pour nous, c'est au contraire un commencement et une incitation à continuer dans le travail qui est réalisé pour que cette activité se poursuive et que les mesures de sauvegarde qui protègent les montagnes dans un contexte de réchauffement se poursuivent.

Qu'est-ce que cela va changer pour l'alpinisme ?

C'est une reconnaissance d'un milieu et des gens qui pratiquent une activité qui se fait en autonomie, en responsabilité, dans un contexte où il faut de plus en plus réglementer les choses. Comment est-ce que ces valeurs de responsabilité individuelle et de liberté peuvent continuer à s'exercer ? Comment est-ce qu'on les adapte également dans le contexte du changement climatique ? C'est aussi ça le début du travail.

Comment va évoluer l'alpinisme avec le réchauffement climatique ?

On va avoir moins de secteurs glaciaires, on va avoir des secteurs qui vont être plus rocheux. Les montagnes sont un symbole du réchauffement climatique, car on y voit plus vite qu'ailleurs les effets sur la planète de ce qui est en train de se passer et elles doivent être de véritables laboratoires pour des solutions plus innovantes à mettre en œuvre. C'est aussi ça que nous défendions dans cette candidature et cela a séduit. Il y a eu une belle unanimité pour soutenir cette inscription.

Cette pratique est-elle encore vivace aujourd'hui ?

Pour nous, c'est l'ADN. À Chamonix, j'ai la chance d'avoir au niveau de mes administrés 40 nationalités différentes installées en permanence. Ce qui les unit, c'est la montagne. On estime à 700 000 le nombre de pratiquants de la montagne en Italie, Suisse, France. Ici, à Chamonix, c'est la pratique majeure.

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