Six nations : l'arrivée d'un fonds d'investissements au capital du tournoi divise le monde du rugby

Un ballon de rugby.
Un ballon de rugby. (S?BASTIEN RABANY / PHOTONONSTOP / AFP)

L’arrivée du fonds d’investissements anglais CVC au capital du tournoi de rugby aiguise les appétits autant qu'elle suscite des inquiétudes. 

C'est la compétition la plus ancienne et la plus prestigieuse du rugby européen : le Tournoi des six nations débute dimanche 2 février avec un premier choc entre la France et l'Angleterre. Mais en coulisses, le tournoi a déjà commencé avec la vente, en novembre 2019, d'une partie des droits commerciaux de la compétition au fonds d'investissements CVC Capital Partners, ancien propriétaire de la Formule 1. Il sera chargé de l'exploitation des droits commerciaux, c'est à dire les droits TV et les sponsors.

Plus de 300 millions d'euros investis

En un siècle et demi d'existence, le Tournoi des six nations avait toujours résisté aux financiers privés. Alors forcément, cette arrivée chamboule tout. Ce fonds d’investissements anglais devient actionnaire minoritaire en injectant plus de 300 millions d'euros.

En contrepartie, les fédérations percevront une coquette somme de 16 millions d’euros par an, rien que pour la fédération française. Pour l'ancien joueur Jacques Boussuge, désormais spécialiste en sport et finance, le Tournoi va voir sa valeur financière exploser : "La question c'est de savoir à quoi vont servir ces capitaux ? Est-ce-que ces capitaux injectés vont créer de la valeur ?" s'interroge-t-il. "Tout le sujet est là."

Si ces capitaux sont bien employés alors le Tournoi des six nations peut avoir un plus grand rayonnementJacques Boussugeà franceinfo

Il y a deux ans, CVC avait revendu les droits de la Formule 1 en empochant une substantielle plus-value de plusieurs milliards d'euros et qui provoque l'inquiétude des détracteurs du projet qui craignent que ces nouveaux investisseurs engrangent des bénéfices sur le dos du rugby. "Beaucoup de gens en interne au sein de la fédération s’y opposent car ils ont peur de ces investisseurs privés qui risquent peut-être de dénaturer ce qu’ils aiment dans le rugby en terme de valeurs", explique Jacques Boussuge.

Pour l'instant, la direction du Tournoi garde la main sur l'organisation sportive mais quelle sera l'influence de CVC en coulisses ? La question devrait agiter le milieu du rugby dans les prochains mois.  

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