Rugby : le XV de France concède un match nul inquiétant face au Japon (23-23)

Le rugbyman français Sekou Macalou à la lutte avec Wimpie Vanderwalt, lors du test-match France-Japon, le 25 novembre à la U Arena de Nanterre (Hauts-de-Seine).
Le rugbyman français Sekou Macalou à la lutte avec Wimpie Vanderwalt, lors du test-match France-Japon, le 25 novembre à la U Arena de Nanterre (Hauts-de-Seine). (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

Pour voir une prestation convaincante des hommes de Guy Novès, on repassera. Mais au moins, les Bleus ont mis fin à leur série de cinq défaites de rang.

Le XV de France a mis fin à une terrible série de cinq défaites de suite en concédant le match nul face au Japon (23-23) au terme d'un match mal maîtrisé à la U Arena de Nanterre (Hauts-de-Seine), samedi 25 novembre. Les Tricolores ont subi tout le match la furia des Brave Blossoms, surnom de l'équipe japonaise, qui a déployé un jeu plaisant pendant 80 minutes quand les Bleus se sont contentés d'évoluer en contre, par à-coups. Que retenir de cette rencontre ?

Le minimum syndical n'est pas atteint

Jusqu'à ce nul au goût de défaite contre le Japon, les Bleus pouvaient se réfugier derrière l'argument qu'ils avaient perdu contre plus fort qu'eux cet automne. Or, le Japon, 11e nation mondiale, a infligé une leçon de rugby à la France, qui la précède de trois places au classement. Pour combien de temps encore ? Les Français ont semblé lourds, empruntés, patauds, face à la vivacité des Japonais. Comme s'ils attendaient que les Brave Blossoms s'épuisent au bout de 20 minutes. Erreur. En 80 minutes, jamais le Japon n'a baissé de pied. Au contraire de la France, qui a défendu tout le match et commis de grossières erreurs. Le patron de la Fédération, Bernard Laporte, avait fixé comme objectif de gagner trois des quatre matchs de la tournée. L'équipe de Guy Novès n'en a remporté aucun.

Et si l'ouvreur japonais n'avait pas manqué une transformation jouable à sept minutes de la fin, la France aurait fini sa tournée sur un zéro pointé. "On est vraiment dans le dur, on touche le fond, a reconnu sur France 2 le capitane Guilhem Guirado. On a pu s'apercevoir que les Japonais jouaient beaucoup plus vite que nous, qu'on était toujours sur le reculoir, il n'y a pas beaucoup d'enseignements à tirer. On n'est pas loin de la catastrophe."

Le Japon a déjoué tous les pronostics

Les Brave Blossoms ont fait une entrée tonitruante sur la scène mondiale en 2015 quand ils s'étaient offert le scalp de l'Afrique du Sud lors des poules du Mondial anglais. Leur schéma de jeu est connu, leurs défauts aussi. Mais aucun observateur n'imaginait qu'ils pouvaient tenir ce rythme pendant 80 minutes.  Les Japonais, qui ont encore progressé depuis qu'une de leurs franchises a intégré le Super 15, ont proposé un jeu animé, rapide, plein d'audace, qui a posé les pires difficultés à la défense française. 

Le public français commence à se lasser

Des sifflets ont raccompagné les joueurs quand l'arbitre a signifié la fin du match. Pas une bronca, mais des lazzis bien audibles, notamment des "remboursez !", qui tranchent avec ce à quoi nous avait habitué un public cocardier, avec son équipe aussi dans les mauvais moments. Dès la demi-heure de jeu, la U Arena a repris en choeur "On se fait ch..." et à l'heure de jeu, la trajectoire d'un avion en papier a plus fait chavirer les foules que les déblayages de Louis Picamoles. Le choix des Français de prendre les trois points quand les Japonais tentaient systématiquement les pénaltouches a lui aussi été critiqué. Seul éclair dans la grisaille, cette ouverture chirurgicale de François Trinh-Duc pour son ailier Gabriel Lacroix. 

La fracture commence à naître entre cette équipe et son public, alors que Guy Novès, vu comme le sauveur, semblait intouchable il y a un an seulement. 

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