Rugby : six questions sur le projet de fusion entre le Racing 92 et le Stade français

Pascal Papé, Rabag Slimani et Jono Ross saluent leurs supporters après un match entre le Stade français et le Stade rochelais, le 2 octobre 2016, au stade Jean-Bouin, à Paris. 
Pascal Papé, Rabag Slimani et Jono Ross saluent leurs supporters après un match entre le Stade français et le Stade rochelais, le 2 octobre 2016, au stade Jean-Bouin, à Paris.  (STEPHANE ALLAMAN / AFP)

Les deux présidents ont annoncé la fusion des clubs franciliens dès l'été prochain. Ce qui donnera naissance à un nouvelle équipe du Top 14.

Coup de tonnerre dans le rugby français. Le Racing 92 et le Stade français, les deux derniers vainqueurs du Top 14, ont annoncé, lundi 13 mars, "un projet de fusion" de leurs équipes afin de donner naissance à un unique club francilien. Mais cette association, qui sera effective "dès la saison prochaine" (donc dès le mois d'août), soulève des interrogations auxquelles franceinfo tente de répondre. 

Pourquoi une telle fusion ? 

Selon le communiqué officiel, il s'agit de "mettre en commun" les ressources des deux clubs "pour mieux faire face aux défis de la performance et de l'éducation"

D'après Midi Olympique, le président parisien, Thomas Savare, a expliqué à ses troupes que cette fusion servirait à "contrer les pertes financières des deux clubs". A en croire L'Equipe, il s'agit surtout de devenir "une référence mondiale du rugby au milieu du plus important vivier hexagonal de joueurs et de licenciés". Pour cela, il faudra trouver un nouveau nom, un siège et des installations pour l'entraînement.

Qui dirigera le nouveau club ?

Jacky Lorenzetti et Thomas Savare, les présidents du Racing 92 et du Stade français, assumeront une présidence tournante biennale de l'entité qui naîtra de la fusion entre les deux clubs, ont-ils annoncé lundi, lors d'une conférence de presse commune.

Savare sera président du conseil de surveillance les deux premières années et Lorenzetti dirigera le directoire, avant un échange des deux rôles, ont précisé les deux hommes.

Le nouveau club "préservera les racines du Racing 92 comme celles du Stade français", ont promis les deux places-fortes du rugby francilien.  

Qui jouera dans cette équipe ? 

Les deux présidents entendent "coopérer au niveau des associations et fusionner [leurs] deux équipes professionnelles", a précisé Jacky Lorenzetti. Cette fusion des effectifs obligera les deux parties à diminuer drastiquement leurs troupes. A l'heure actuelle, quelque 60 joueurs sont en effet sous contrat au Racing 92 ou au Stade français, rappelle 20 minutes.

Lors d'une réunion tendue, qui a eu lieu dans la matinée, Thomas Savare a ainsi annoncé à ses troupes que "les départs volontaires étaient les bienvenus", précise Midi Olympique. Vraisemblablement, les deux entraîneurs actuels vont, eux, rester en poste pour diriger la future équipe : "Il faudra que les deux Laurent [Travers et Labit] fassent des choix", a avancé Jacky Lorenzetti dans son communiqué.

Où jouera la nouvelle équipe ?

Le Stade français joue actuellement au stade Jean Bouin, à côté du Parc des princes à Paris. De son côté, le Racing 92, qui évolue actuellement à Colombes, devait quant à lui disposer en septembre prochain de sa nouvelle Arena à Nanterre – un stade pouvant faire office également de salle de spectacle à grande capacité.

Selon Jean-François Martins, l'adjoint au maire de Paris en charge du sport, le futur club francilien issu de la fusion jouera dans les deux enceintes. "Jean Bouin, c'est un stade de rugby, c'est fait pour le rugby, c'est 20 000 places, c'est la bonne jauge pour le Top 14, détaille-t-il auprès de franceinfo. L'Arena 92, c'est une salle fermée, intérieure, avec une pelouse synthétique. C'est 32 000 places, c'est fait pour des grandes affiches et aussi pour des concerts. Chacune de ces enceintes trouvera sa place, entre les grands matchs du Top 14, la coupe d'Europe, les matchs du championnat régulier. Chacune aura sa vocation."

Va-t-il y avoir une nouvelle place dans le Top 14 ? 

Techniquement, oui. La fusion des deux clubs devrait entraîner de facto la disparition d'une équipe du Top 14, et pourrait par ricochet permettre le maintien du treizième – actuellement Grenoble – en fin de saison. Selon L'Equipe, la Ligue nationale de rugby (LNR) pourrait aussi programmer "un match de barrage entre ce même 13e et le perdant de la finale d'accession de Pro D2". La LNR a indiqué qu'elle attendait la présentation du projet par les deux clubs pour s'exprimer officiellement.

Quelles sont les réactions des joueurs ? 

Cette fusion, dans laquelle le Racing semble dominant, a suscité de vives réactions au sein du Stade français, notamment chez les joueurs, dont certains ont exprimé leur désapprobation lors de l'annonce, affirme BFMTV. Sur Twitter, le deuxième ligne Pascal Papé, au club depuis près de dix ans, a exprimé son désarroi. "Aujourd'hui, ma tristesse est tellement grande que je ne préfère pas commenter", a réagi l'international. Une déception partagée par l'arrière Hugo Bonneval, qui s'est lui aussi exprimé sur le réseau social. 

"C'est pas une fusion, c'est le rachat du Stade français par le Racing... donc la mort de notre club, le club de Paris", enrage de son côté l'avant de 23 ans Paul Gabrillagues, sur Facebook. "Je [ne] participerai pas à cette mascarade. Manifestez-vous et montrez qu'on est nombreux à l'aimer, ce club."

Capture d\'écran d\'un message du joueur du Stade Français, Paul Gabrillagues, après l\'annonce d\'une fusion avec le Racing 92, le 13 mars 2017.
Capture d'écran d'un message du joueur du Stade Français, Paul Gabrillagues, après l'annonce d'une fusion avec le Racing 92, le 13 mars 2017. (FACEBOOK)

Un mécontentement également ressenti par Mathieu de Giovanni et Sekou Macalou qui a fait savoir que la fusion se ferait sans lui.

Selon L'Equipe, les joueurs réfléchissent à une possible grève, lors de la prochaine rencontre à Castres.

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