Le championnat de France de rugby menacé par les oreillons

Un enfant ayant les oreillons (photo d\'illustration)
Un enfant ayant les oreillons (photo d'illustration) (Lambert / Gettty Images)

En 2009, la grippe A avait entraîné l'annulation de plusieurs matchs du Top 14. Ce coup-ci, les responsables sont les oreillons.

Biarritz-Bayonne annulé cette semaine, Lyon-Bordeaux la semaine passée… En 2009, la grippe A avait déjà frappé le rugby français. Aujourd'hui, le Top 14 tremble contre la nouvelle menace invisible : les oreillons.

Pourquoi tant d'annulations ?

Tout commence le 22 octobre, losque Biarritz reçoit Lyon. Peu de temps après, le médecin du club décèle deux cas d'oreillons dans les rangs de l'effectif lyonnais. Une maladie virale infantile très contagieuse, qui touche aussi les adultes. Conséquence : le match de Lyon la semaine suivante, contre Bègles-Bordeaux, est annulé. Celui de Biarritz est en revanche maintenu (pas de pot pour les Biarrots, laminés 41-0 à Clermont).

Puis la Ligue nationale de rugby (LNR) décide d'annuler le Lyon-Montpellier et le derby basque Biarritz-Bayonne du samedi 5 novembre. Motif : les Biarrots ont peut-être été contaminés par les Lyonnais.

Pourquoi reporter ces matchs mais pas la rencontre Stade Français-Clermont, qui a lieu le même jour ? Les Clermontois ont en effet joué les Biarrots potentiellement contaminés la semaine dernière, mais le temps d'incubation de la maladie fait qu'un Biarrot contaminé à Lyon n'était pas encore contagieux face à Clermont, mais qu'il risque de l'être face à Biarritz.

En attendant, les rugbymen ont tous droit à leur piqûre. Avec des effets secondaires pas très compatibles avec l'entraînement, comme de la fièvre.

Jean-Claude Peyrin, de la commission médicale de la LNR, tient à rassurer notamment les spectateurs qui ont payé leur place au premier rang des tribunes : "On peut aller au stade sans tomber malade !"affirme-t-il dans Sud-Ouest.

 

Le Biarrot Francisco Gomez (en rouge et blanc) face au Lyonnais Laurent Tranier (en noir, à gauche) lors du match Biarritz-Lyon en Top 14, le 22 octobre 2011.
Le Biarrot Francisco Gomez (en rouge et blanc) face au Lyonnais Laurent Tranier (en noir, à gauche) lors du match Biarritz-Lyon en Top 14, le 22 octobre 2011. (Gaizka Iroz / AFP)

Pourquoi tant de contaminations ?

Les oreillons sont en net recul, à en croire l’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS) : "L’incidence des oreillons est passée de centaines de milliers de cas par an au milieu des années 80 à quelques milliers ces dernières années". On se rapproche du taux de 95 % d'enfants vaccinés qui pourrait permettre d'éradiquer la maladie.

Des cas de contamination chez les adultes se produisent épisodiquement. En mars 2010, une épidémie d'oreillons s'était déclarée à l'École supérieure d'ingénieur de Luminy, à Marseille

Dans les années 2000, une brusque recrudescence du nombre de cas a été enregistrées aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et au Pays-Bas, sans que cela entraîne l'annulation de rencontres sportives. Car le principe de précaution n'est pas aussi développé à l'étranger que dans l'Hexagone. Quand l'ailier anglais Paul Sackey avait contracté les oreillons, ses coéquipiers et leurs adversaires s'étaient simplement fait vacciner.

Pourquoi le rugby ?

D'après l'INRS, la contamination peut se faire "par l’intermédiaire des gouttelettes provenant des voies aériennes supérieures, générées lors de la toux, les éternuements ou la parole d’une personne infectée". Dans une mêlée par exemple, mais aussi sur un corner en foot.

Au Canada ou encore aux Etats-Unis, il est déjà arrivé que des matchs universitaires se soldent par une épidémie dans les deux camps. Mais les cas de sportifs célèbres victimes des oreillons sont extrêmement rares. Le Ballon d'Or 2001 Michael Owen, également dans la liste des sportifs les plus malchanceux du monde tant il s'est bêtement blessé, a contracté les oreillons en 2008. La même année, le navigateur anglais Ben Ainslie a lui aussi été contaminé, ce qui ne l'a pas empêché de décrocher une médaille d'or aux Jeux olympiques de Pékin.

Le skipper britannique Ben Ainslie lors d\'une régate à Portland, dans le sud de l\'Angleterre, le 5 août 2011.
Le skipper britannique Ben Ainslie lors d'une régate à Portland, dans le sud de l'Angleterre, le 5 août 2011. (Eddie Keogh / REUTERS)
 

Et comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, la rougeole et la coqueluche sont elles aussi de retour chez les adultes. Allez, il n'est pas trop tard pour vacciner l'ensemble des effectifs du Top 14.

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