Rugby : comment réussir le haka des All Blacks en sept gifs

Les All Blacks dansent le haka, le 9 octobre 2015, avant leur match contre les Tonga, en Coupe du monde de rugby. 
Les All Blacks dansent le haka, le 9 octobre 2015, avant leur match contre les Tonga, en Coupe du monde de rugby.  (LEE SMITH LIVEPIC / REUTERS)

Comme à chaque fois, face aux All Blacks, il est temps de réviser la chorégraphiedu haka. 

C’est le rituel attendu lors de chaque match contre la Nouvelle-Zélande. Samedi 11 novembre, avant le coup d'envoi du test-match contre les Bleus, les All Blacks s'avanceront vers le milieu du terrain pour interpréter leur célèbre haka. Désormais, les hommes en noir alternent entre deux danses : le traditionnel Kamaté ou le Kapa-O-Pango, inauguré en 2005 face à des Sud-Africains peu assurés.

Et à défaut de trouver une réponse appropriée à cette danse pleine de fierté, c'est le moment d'en apprendre les gestes.

1Avant toute chose, on trouve un meneur crédible

Taringa whakarongo !
Kia rite ! Kia rite ! Kia mau !


Ouvrez les oreilles
Tenez-vous prêts, en ligne, solides
 

Pas de haka, sans chef. Comme pour le Kamaté, les gestes du Kapa-O-Pango suivent un texte. Les mots sont récités par un joueur maori doté d'un charisme impressionnant, de préférence effrayant pour mieux défier l'adversaire. Un peu comme Tana Umaga, l'ex-capitaine des Blacks.

Oui, le monsieur est très habité. Il faut dire que le texte du Kapa-O-Pango n'a rien d'un charabia. Au contraire. Les paroles, écrites par Derek Lardelli, un spécialiste de la culture maorie, rendent hommage à l'équipe. Le titre signifie d'ailleurs "les hommes en noir". Le chant est censé "renforcer les capacités spirituelles, physiques et intellectuelles avant de faire quelque chose d'important", explique le compositeur sur le site officiel de l'équipe (en anglais)

2Jambes écartées, on fait vibrer le stade

Hi 

On ne vous le cache pas : votre Kapa-O-Pango aura plus d'allure dans un Millenium Stadium survolté que dans votre salon. Mais il n'y a pas de mal à se faire plaisir devant un écran télé... Votre entrée sur le terrain (ou apparenté) doit être impressionnante. Aux premiers mots du meneur du haka, pliez les jambes, les bras devant votre visage et répondez avec un "Hi" puissant qui fera trembler les murs. Oui, ça tire dans les cuisses... 

3Petit passage au sol pour montrer qu'on ne plaisante pas

Kia whakata hoki au i ahau
hi aue, hi


Laissez notre force retourner dans la terre
Laissez-nous
 

Lorsque le chant fait référence à la Nouvelle-Zélande comme terre, les joueurs joignent le geste à la parole et s'agenouillent doucement pour appuyer leur poing droit sur le sol. C'est LE moment-clé où les spectateurs (dont les oreilles distinguent mal le Kamaté de l'autre chant) comprennent que les All Blacks ne sont pas là pour rigoler et vont interpréter le Kapa-O-Pango. 

4Et on n'hésite pas à tirer la langue 

Ko aotearoa e ngunguru nei
au ! au ! aue ha ! hi !
ko Kapa O Pango e ngunguru nei
au ! au ! aue ha !


C’est la Nouvelle-Zélande qui gronde
C’est notre heure, notre moment
Nous sommes les hommes en noir
C’est notre heure, notre moment
 

Lorsqu'ils sont au sol, certains joueurs profitent de l'instant, répété deux fois, pour tirer la langue histoire d'intimider les joueurs d'en face. Autre variante : souffler très fort. Sachez que l'abus de grimaces est particulièrement bien vu pour pimenter ce haka. A vous d'imaginer la vôtre. Serez-vous aussi créatif qu'Ali Williams, l'ancien deuxième ligne néo-zélandais ? 

5Place aux choses sérieuses : on se frappe les bras et la poitrine

I ahaha !
Ka tu te ihiihi
Ka tu te wanawana
Ki runga ki te rangi e tu iho nei,
Tu iho nei, hi !


Il est temps !
Sentez la puissance !
Notre règne, notre suprématie triomphera
Et nous atteindrons le sommet !
 

Quand le meneur du haka fait mine d'éclater de rire ("I ahaha"), c'est le signal pour se relever. Retour jambes écartées, mais on est en grand plié s'il vous plaît (qui a dit que les rugbymen n'étaient pas souples ?) Là, on entre en transe : on fait claquer la main gauche sur l'avant-bras droit, trois fois de suite. Ensuite : bras en l'air, claque poitrine, bras en l'air, mains sur les hanches. Et le tout en rythme pour plus de classe. 

6Sans oublier les jambes !

Ponga ra !
Kapa o Pango, aue hi !


La fougère argentée !
Nous sommes les hommes en noir !
 

Comme toute bonne chorégraphie, le haka suit une logique de mouvements. Après s'être frappé le haut du corps, on se claque donc les cuisses. Ne faites pas semblant, le bruit doit résonner dans tout le stade. On finit la séquence par un geste aux airs de Macarena, car vous êtes fier d'être un "homme en noir" et vous n'avez pas peur du ridicule. 

7On finit par une (légère) pointe d'agressivité

Ponga ra !
Kapa o Pango, aue hi, ha !


La fougère argentée !
Nous sommes les hommes en noir !
 

Voilà 60 secondes que vous prenez part à cette transe nationale. Il faut finir en beauté. Au lieu de sauter en l'air comme dans le Kamaté, on fait mine de couper la gorge de son adversaire. Ce geste peu amical du Kapa-O-Pango a fait couler beaucoup d'encre : certains entraîneurs, comme Bernard Laporte, ont demandé à ce qu'il ne soit plus pratiqué.

Pourtant, les Maoris ne lui donnent pas cette signification violente, assure Derek Lardelli. "Les mots et le geste montrent le dessin que fait l'énergie vitale dans le cœur et les poumons", explique le compositeur au NZ Herald (en anglais), en rappelant que le mot de fin, "Ha", signifie "le souffle de la vie". Pour résumer : non, vous ne coupez pas la tête de votre rival ; vous allez juste chercher avec votre bras droit l'énergie qui se trouve du côté gauche. Mais on vous l'accorde, pour Ali Williams, l'énergie est trèèèès vindicative !

 

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