"À chaque tournoi, dans le bus j'avais mal au ventre par peur des coups" : le rugby devient-il un sport qui effraie les enfants ?

Des enfants du Stade Toulousain.
Des enfants du Stade Toulousain. (PASCAL PAVANI / AFP)

Les enfants se sont moins inscrits au rugby en cette rentrée scolaire, selon des clubs. En cause notamment : la peur des contacts et de leurs possibles conséquences.

Le rugby devient-il un sport qui fait peur aux enfants et à leurs parents ? Les Ligues régionales communiqueront leurs statistiques en novembre mais déjà, une tendance se dégage : les inscriptions de nouveaux joueurs en cette rentrée scolaire sont en baisse, selon plusieurs représentants des clubs. D'une part, la victoire de la France en coupe du monde de football cet été a créé un engouement pour le ballon rond. Mais dans le même temps, le risque de commotions cérébrales effraye certaines familles.

"J'avais peur des coups au crâne"

Pierre, 9 ans, était un bébé talonneur du club de Suresnes dans les Hauts-de-Seine. Mais cette année malgré les encouragements de sa mère, il a refusé de retourner à l'école de rugby. La peur du contact le terrorisait. "À chaque tournoi dans le bus j'avais mal au ventre, je stressais. J'avais peur des coups au crâne."

Au Rugby Club de Suresnes d'autres enfants sont partis. Et les effectifs des nouveaux inscrits sont en baisse selon Jérémy Nicault, éducateur. "Même chez nous, dans un club important, il y a une baisse que je qualifierais de moyenne. C'est pareil à Nanterre, Garches, et à Puteaux ils n'ont même pas de quoi aligner une équipe par catégorie."

Les joueurs eux-mêmes ont décidé que c'était un sport trop violent pour eux. Pour moi ça vient de l'image du Top 14, du XV de France, les gamins ont peur de ce qu'ils voient à la téléJérémy Nicault, éducateur de rugby à Suresnesà franceinfo

Xavier, père d'un licencié, voit cette évolution des mentalités sur le terrain : "Les casques, les épaulettes, ce sont des protections qu'on ne voyait pas chez les enfants avant."

Ceux qui sont sur le terrain rigolent, se donnent des coups d'épaule "pour de faux". Et certains attendent avec impatience l'hiver, car leur éducateur leur a promis qu'après les vacances de Noël il leur apprendra à plaquer, en toute sécurité.

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