Réduction de budget : le sport est la "victime expiatoire" d'une "bande de calculettes qui passe son temps à raboter"

Le président de l\'association des Directeurs techniques nationaux, Philippe Bana, le 19 juillet 2016.
Le président de l'association des Directeurs techniques nationaux, Philippe Bana, le 19 juillet 2016. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

Le président de l'association des Directeurs techniques nationaux, Philippe Bana, a expliqué, vendredi sur franceinfo, que ce n'était "vraiment pas le moment de tuer le sport" alors que la France va accueillir les Jeux olympiques en 2024.

Une pétition contre la réduction des effectifs et du budget du ministère des Sports est lancée, à l'occasion de la Fête du sport du 21 au 23 septembre. Alors que des sportifs expriment leur mécontentement, Philippe Bana a fait de même sur franceinfo, vendredi matin. Toutefois, le président de l'association des Directeurs techniques nationaux (DTN) place "beaucoup d'espoir" dans la nouvelle ministre des Sports, Roxana Maracineanu.

franceinfo : 1 600 postes en moins, un budget qui baisse de 30 millions d'euros. Est-ce une cure d'austérité ?

Philippe Bana : Oui, c'est une cure d'austérité au moment où on part vers les Jeux olympiques de 2024 avec un allant, un espoir pour la jeunesse française, l'idée que le sport est un facteur de santé, d'éducation, de performance, de représentation internationale. C'est le moment qui est choisi pour couper, raboter, à la fois les crédits, à la fois les personnels qu'on veut vendre à la découpe en petits morceaux alors qu'ils construisent cette magnifique architecture des fédérations sportives. Ce n'est vraiment pas le moment de tuer le sport.

Est-ce qu'on est déjà à l'os aujourd'hui dans les clubs ?

Ça fait longtemps qu'on a dépassé l'os et qu'on l'a attaqué. En termes d'encadrement, aujourd'hui, on a encore perdu 150 postes dans la dernière olympiade. Tout ce qui est la formation des entraîneurs, tout ce qui est l'accompagnement des jeunes champions, leur détection, les plans citoyens qui avaient été demandés pour agir après les attentats, ce sont les cadres techniques qui les avaient produits. Aujourd'hui, on a une bande de calculettes qui passe son temps à raboter tout ce qui se passe et le sport est une victime expiatoire bien trouvée : un petit budget, des opérateurs privés possibles, personne ne va rien dire. Sauf que les champions disent "ça suffit !".

Appelez-vous au boycott de la Fête du sport ou au contraire à une mobilisation pour parler de ce problème ?

On est partagés entre les deux parce que cette fête n'a aucun sens dans ce moment de découpe. On est partagés entre l'idée de dire : "Témoignons, montrons tout ce qu'on peut faire de formidable pour la jeunesse française dans les six ans qui viennent", et l'idée de dire : "N'y allons pas, ça n'a aucun sens." [Mais], on va aller témoigner, on va aller parler, parce qu'il faut que le sport s'exprime, il faut que le sport compte dans la société aujourd'hui.

Faîtes-vous confiance à la nouvelle ministre des Sports, Roxana Maracineanu ?

Aujourd'hui, tout le monde lui a laissé la main. C'est une championne, c'est une battante, on a beaucoup d'espoir en elle parce que c'est quelqu'un d'intelligent et qui comprend très vite. Il faut qu'elle fasse ce bras de fer, tout le sport compte sur cette championne.

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