Pourquoi les JO d'hiver n'ont plus la cote ?

(Parc Olympique de Sotchi, Jeux Olympiques d'hiver de 2014 © Max PPP)

Qui veut encore des Jeux Olympiques d'Hiver ? Seulement 2 candidatures pour accueillir ceux de 2022, c'est quatre fois moins qu'en 2010 pour Vancouver. Défiance des opinions publiques, lassitude, coût démesuré… Patrick Clastres, historien du sport, nous explique les raisons de cette désaffection.

C'est ce mardi que les villes candidates pour accueillir les Jeux Olympiques d'Hiver en 2022 rendent leur dossier. Et elles ne sont que deux : Pékin, qui a déjà accueilli les Jeux d'été en 2008, et Almaty au Kazakhstan, déjà candidate pour ceux de 2014. Aujourd'hui, les Olympiades hivernales intéressent de moins en moins, et nombre de candidats ont préféré jeter l'éponge... Davos, Barcelone, Munich, Oslo et d'autres encore ont finalement reculé.  

 

Pour Patrick Clastres, historien du sport, "la puissance du sport et des JO au XXe siècle est liée au fait que les gens s'enthousiasme pour le spectacle sportif et un grand nombre d'entre eux ont un passé sportif. Cela permet l'identification nationale à des champions, mais en matière de sports d'hiver cette identification marche beaucoup moins ".

Défiance des opinions publiques

 

Outre les coûts colossaux générés par l'organisation d'un tel évènement - 32 milliards d'euros engloutis pour les Jeux de Sotchi l'an dernier, il y a aussi la défiance des opinions publiques, particulièrement dans les pays du Nord, selon Patrick Clastres.

 

"Les cités candidates organisent de plus en plus des référendums pour connaître l'état de l'opinion publique. Par exemple, à Cracovie en Pologne, la candidature a été rejetée à 70%. A Munich, il y a eu une campagne très farouche contre les JO. Bien sûr pour des raisons budgétaires, mais aussi parce qu'il commence à se dire que le CIO ne fait pas le jeu des droits de l'homme, qu'il attribue les Jeux à des pays comme la Russie de Poutine ou la Chine, qui sont des dictatures ".

 

Un problème de taille pour le Comité International Olympique (CIO), contraint faire tourner les Jeux partout dans le monde, pour continuer à les rendre populaires mais aussi pour honorer les contrats avec ses sponsors et conquérir les classes moyennes des pays émergents, comme à Pékin.

Réformer l'organisation des JO, un challenge énorme pour le CIO

 

Le challenge, pour le CIO, est de "pouvoir offrir à nouveau les JO à des pays de niveau économique plus moyen ". C'est l'objet de l'agenda 2020 et de ses 40 réformes. Au programme notamment, la possibilité d'avoir plusieurs villes organisatrices ou pour les JO d'hiver, diminuer le nombre d'épreuves. Des réformes qui auront sans doute du mal à passer politiquement, explique Patrick Clastres : "Changer le programme olympique c'est très compliqué puisque les Etats ont misé sur les disciplines pour avoir des médailles et redorer leurs blasons auprès des opinions publiques ".

De moins en moins de candidats pour les JO, une "tendance générale" (Patrick Clastres)
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