Mohamed Ali, un boxeur légendaire aux déclarations coup de poing

Mohamed Ali pose lors d\'une conférence de presse, le 21 octobre 1996, à Jakarta (Indonésie).
Mohamed Ali pose lors d'une conférence de presse, le 21 octobre 1996, à Jakarta (Indonésie). (JOHN MACDOUGALL / AFP)

Le plus grand boxeur de tous les temps n'est plus. Mohamed Ali, champion olympique en 1960 et trois fois champion du monde des poids lourds, a succombé vendredi à Phoenix (Arizona) des suites de problèmes respiratoires. Voici ses plus grandes déclarations.

L'ancien boxeur Mohamed Ali, boxeur magnifique et icône américaine, est mort vendredi 3 juin à l'âge de 74 ans dans l'hôpital de la région de Phoenix, en Arizona (Etats-Unis), où il était admis depuis deux jours pour de graves problèmes respiratoires, a annoncé vendredi soir un porte-parole de la famille dans un communiqué. L'ex-champion du monde des poids lourds souffrait depuis une trentaine d'années de la maladie de Parkinson et s'était montré très affaibli lors de ses dernières apparitions publiques.

Voici ses déclarations les plus marquantes. 

"Je suis le plus grand""I am the greatest" l'emphase de cette tirade maintes fois lancée par Mohamed Ali ne suffit pas à mesurer la légende du boxeur le plus célèbre de l'histoire, qu'il a écrite un demi-siècle durant avec ses poings, un verbe acéré et un charisme fou.

"Vole comme le papillon, pique comme l'abeille, et vas-y cogne mon gars, cogne." C'est en fait une citation de Drew Bundini Brown, l'un de ses entraîneurs et hommes de coin.

"Je n'ai pas de problème avec les Vietcongs." Une phrase qu'il prononce le 17 février 1966. Grâce à son style unique, les bras souvent ballants le long du corps, il conservera son titre mondial jusqu'en 1967, date à laquelle il refuse d'aller faire la guerre au Vietnam. Il échappe à la prison mais est interdit de ring, vilipendé par une majorité de l'opinion publique américaine. Il est tenu par d'autres comme un pilier de la contre-culture et un champion de la cause des noirs qui se battent alors pour l'égalité des droits. Il déclare alors : "Pourquoi irais-je tirer sur ces gens ? Pourquoi irais-je tirer sur des pauvres gens qui ne m'ont rien fait ? Ils ne m'ont jamais appelé 'négro', (...) Ils n'ont pas violé et tué ma mère et ma sœur... (...) Mettez-moi en prison !"

"Dans le ring, il y a un arbitre pour arrêter le combat si un combattant risque d'être trop blessé. La boxe n'a rien à voir avec la guerre et ses mitrailleuses, ses bazookas, ses grenades et ses bombardiers." Une déclaration faite lors d'une manifestation contre la guerre du Vietnam à Chicago, en 1967. 

"Ils ont fait ce qu'ils pensaient juste, et j'ai fait ce que je pensais juste." Dit-il à propos de la volonté du gouvernement américain de le mettre en prison. Ali sera déchu de ses titres et interdit de boxer pendant trois ans et demi, avant de redevenir champion du monde en 1974. 

"Vous n'êtes pas aussi bête que vous en avez l'air, j'ai vu votre femme." Une déclaration qu'il adresse au président des Philippines Ferdinand Marcos avant le "Thrilla in Manila", son troisième et dernier combat contre Joe Frazier.

"Vous croyez que le monde a été choqué par la démission de Nixon ? Attendez que je botte le cul de George Foreman. Je vole comme le papillon, pique comme l'abeille, ses poings ne peuvent pas toucher ce que ses yeux ne voient pas. Là, tu me vois, là tu me vois pas. George croit qu'il peut, mais je sais qu'il ne peut pas. Je me suis déjà battu contre un alligator, j'ai déjà lutté avec une baleine. La semaine dernière, j'ai tué un rocher, blessé une pierre, et envoyé une brique à l'hôpital. Je suis tellement méchant, je rends la médecine malade."  Des propos que "The Greatest" (Le plus grand) prononce avant de reprendre son titre de champion du monde le 30 octobre 1974. Il décroche ainsi les titres WBA et WBC lors de sa victoire par KO (8e round) sur George Foreman lors du "combat dans la jungle" à Kinshasa au Zaïre (aujourd'hui République démocratique du Congo).

"Il [Dieu] m'a donné la maladie de Parkinson pour me montrer que je n'étais qu'un homme comme les autres, que j'avais des faiblesses, comme tout le monde. C'est tout ce que je suis: un homme." Au cours d'une interview en 1987, l'ancien champion, qui s'est retiré en des rings en 1981, se confie sur sa maladie. Trois ans après sa retraite sportive, les médecins lui ont diagnostiqué la maladie de Parkinson, cause pour laquelle il a créé une fondation, le Muhammad Ali Parkinson Center. En 1996, l'ancien champion avait fait une apparition surprise aux Jeux olympiques d'Atlanta, où il était parvenu à surmonter les tremblements liés à sa maladie pour porter la flamme olympique. En 2012, il était présent aux JO de Londres, où il était apparu amaigri, et se déplaçant en fauteuil roulant.

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