Mohamed Ali, la légende du "Greatest"

(Mohamed Ali en mai 1973. © Bettman/Getty Images)

Mohamed Ali est mort, il avait 74 ans. Boxeur hors-norme, puncheur, poète, provocateur, sa renommée a dépassé les rings. Retour en images sur le destin de celui qui s'était autoproclamé "le plus grand de tous les temps".

L'insolence des 20 ans

(Cassius Clay à Louisville, en 1962. © Bettmann/Getty Images)
Cassius Marcellus Clay est la sensation du moment. Belle gueule autant que grande gueule, il vient de passer professionnel, après un parcours fulgurant chez les boxeurs amateurs, 10 combats, 10 victoires dont 7 par KO. Et une médaille d'or des poids mi-lourds aux Jeux olympiques de Rome, en 1960. Il est un boxeur surdoué et un frimeur hors pair, capable de défier ses adversaires en rimes dans un mélange de poésie et d’autopromo puérile.

La signature du puncheur

(25 mai 1965, Mohamed Ali-Sonny Liston à Lewistone (Maine). © John Rooney/AP/SIPA)
Mohamed Ali vient de mettre Sonny Liston KO, avec un ”phantom punch” entré dans l’histoire de la boxe. Ali garde le titre de champion du monde qu’il avait ravi à ce même Liston, deux ans plus tôt. Ce combat est contesté, les suivants le seront moins. Ali enchaîne les victoires et défend son titre de champion des lourds. A chaque combat, ses déclarations choc, qui provoquent et divisent le public. Ses punchlines rap construisent sa légende. "Float like a butterfly, sting like a bee. The hands can't hit what the eyes can't see" : Je vole comme le papillon, je pique comme l’abeille, les poings ne peuvent pas toucher ce que les yeux ne voient pas.

L'insoumis écarté des rings

(20 juin 1967, Mohamed Ali convoqué par un tribunal fédéral. © Bettman/Getty Images)
Cassius Clay s’est politisé. Il s’est engagé auprès des militants pour les Droits civiques, et a rejoint la Nation of Islam de Malcolm X et Louis Farrakhan. Comme Malcolm X, il a renoncé à ce qu'il considère être son "nom d'esclave" pour se fait appeler Cassius X. Puis Mohamed Ali. Il a refusé d’être incorporé dans l’armée américaine, alors en guerre au Vietnam. "Aucun Viet-cong ne m’a jamais traité de nègre", clame-t-il. 20 juin 1967 : Mohamed Ali est condamné à une amende de 10 000 dollars et à 5 ans d'emprisonnement, il perd sa licence de boxe et son titre. Ali est privé de boxe. Il fait appel, esquive la prison, mais ne sera définitivement acquitté qu’en 1971 par la Cour suprême.

La première défaite

(8 mars 1971. Mohamed Ali-Joe Frazier à New York. © Frank Hurley/NY Daily News Archive via Getty Images)

8 mars 1971 au Madison Square Garden de New York. Ali tombe de haut, face à Joe Frazier. C’est le “combat du siècle”, celui qui doit sacrer le retour de Mohamed Ali au sommet de la boxe mondiale. Il affronte Frazier, invaincu et impitoyable. Au 15e round, Ali est à terre, compté par l’arbitre. Il perd aux points. Sa première défaite. Ali rêvait de finir invaincu comme Rocky Marciano, il ne pardonnera jamais tout à fait à Frazier de l’en avoir empêché.

"Rumble in the Jungle"

(28 octobre 1974. Mohamed Ali et Mobutu Sese Seko à Kinshasa (Zaïre). © Bettmann/Getty Images)
Improbable lieu pour ce combat, Kinshasa, la capitale du Zaïre de Mobutu Sese Seko. Le dictateur met 10 millions de dollars sur la table pour monter avec le promoteur Don King l’affiche Ali-Foreman, pour le titre de champion du mondes des lourds. Mohamed Ali et George Foreman s’entraînent tout l’été à Kinshasa, dans un combat à distance. Ali prend la foule à témoin, surfe sur son engagement pour la cause noire et caricature Foreman en valet du pouvoir blanc… Le combat a lieu en pleine nuit, pour pouvoir être suivi par les télés américaines. Sur le ring, le combat est un modèle de tactique. Mohamed Ali surprend Foreman, qui tombe KO au 8e round. Ali est à nouveau champion du monde, dix ans après son premier titre.

"Thrilla in Manilla"

(1er octobre 1975. Mohamed Ali-Joe Frazier à Manille (Philippines). © Mitsunori Chigita/AP/SIPA)
Ali retrouve Frazier, la relation entre les deux adversaires a basculé dans la haine. Le combat est d’une rare violence, les rounds s’enchaînent dans une atmosphère suffocante. A l’entame du 15e round, l’entraîneur de Frazier jette l’éponge, craignant pour la vie de son boxeur. Ali est lui-même au bord de l’évanouissement. Il est vainqueur, dans ce qui sera l’apogée de sa carrière. Ses combats suivants ne seront que come-backs peu convaincants et exhibitions à la lisière du pathétique. Sans jamais, toutefois, entamer la légende.

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