Légalisation du MMA : "Le but est de mieux réglementer la discipline", assure la ministre des Sports

Roxana Maracineanu, la ministre des Sports, en décembre 2019. 
Roxana Maracineanu, la ministre des Sports, en décembre 2019.  (S?BASTIEN MUYLAERT / MAXPPP)

Roxana Maracineanu était l'invitée de franceinfo au lendemain de son annonce de légaliser le MMA. 

"Le but est de mieux réglementer la discipline", assure mercredi 22 janvier sur franceinfo la ministre des Sports, Roxana Maracineanu. Elle a annoncé mardi qu'elle souhaitait légaliser le MMA, un sport de combat qui mixe différents arts martiaux. Elle sera déléguée à la Fédération française de boxe (FFB). Avec entre 30 000 et 50 000 pratiquants en France, "c'est un marché qu'on ouvre", reconnaît également la ministre.

franceinfo : Pourquoi régulariser aujourd'hui le MMA ?

Roxana Maracineanu : Je crois que c'est le moment. Ce qui m'anime, c'est de répondre à la demande des sportifs eux-mêmes. Les champions sont contraints d'aller jouer à l'étranger, devant un autre public que le nôtre et avec moins de chance de l'emporter. Et puis je pense aux pratiquants loisirs, qui ne peuvent pas se licencier et ne peuvent pas bénéficier d'une protection adéquate comme tous les autres pratiquants de sport en France. Ma volonté a trois objectifs. C'est d'abord réglementer la discipline, comme dans toute fédération, avec des règles adaptées au public, à leur âge et aux différentes techniques autorisées. C'est aussi de leur proposer un gage de qualité au niveau de l'encadrement, d'avoir des entraîneurs qualifiés spécifiquement pour le MMA, pour être dans la protection maximale de ces publics. Et puis le but est aussi de mieux contrôler les associations contre les dérives, comme le dopage, la radicalisation ou la protection des publics contre toute sorte de violences qui ont été dénoncées ces derniers temps.

Donc l'objectif est de légaliser et donner un brevet de respectabilité pour mieux encadrer ?

Oui, aujourd'hui la pratique existe, elle est légale, autorisée, en revanche l'organisation de compétition amateur ou professionnel ne l'est pas. Notre but aujourd'hui est de créer une filière d'accès pour les sportifs, à partir de la pratique pour tous jusque vers le haut niveau, avec la constitution d'une équipe de France.
Derrière, on pourra aussi avoir une protection des publics, un contrôle accru de la discipline et surtout proposer un cadre à des pratiquants qui existent déjà et qui le demandent fortement.

On dirait presque entendre les arguments de la légalisation du cannabis : il vaudrait mieux légaliser et encadrer que laisser se développer de façon sauvage...

Je ne ferais pas ce rapprochement puisque le cannabis est interdit.
Ce qu'il faut entendre, c'est une manière de canaliser l'énergie de nos jeunes, cette envie de s'engager dans des disciplines sportives. De manière générale aujourd'hui, cette envie s'exprime de manière à échapper aux fédérations. Là, c'est une demande inverse. Ce sont des gens qui ne sont pas dans une fédération qui veulent rentrer dans un cursus, une fédération. C'est un symbole fort et un signal plus large que l'on veut lancer : pratiquer un sport, c'est super, on l'encourage, mais le pratiquer d'une manière structurée, encadrée, avec un entraîneur qui est là pour vous accueillir au quotidien, mesurer vos progrès et vous accompagner avec un acte éducatif, c'est encore mieux.

Il y a aussi un aspect lucratif non ? 

Bien sûr, je ne suis pas naïve, je suis bien consciente que c'est un marché qu'on ouvre pour des institutions privées qui font du sport-spectacle. Il y a aussi beaucoup de salles de spectacle qui désirent accueillir les manifestations. Il va falloir qu'on réglemente tout cela et comment on va redistribuer cette manne financière à la fédération amateur et au sport amateur. C'est un point sur lequel on insistera avec les différentes organisations privées que j'aurais à rencontrer une fois que la discipline sera autorisée en France.

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