Jeux paralympiques : les pays qui cartonnent et ceux qui s'en tamponnent

La finale du 200 m femmes catégorie T12 (déficience visuelle), le 12 septembre 2016 à Rio (Brésil).
La finale du 200 m femmes catégorie T12 (déficience visuelle), le 12 septembre 2016 à Rio (Brésil). (PILAR OLIVARES / REUTERS)

La Chine part largement favorite avec 231 médailles aux Jeux paralympiques de Londres en 2012.

Qui sera en tête du classement des médailles aux Jeux paralympiques de Rio ? Il faudra attendre le 18 septembre pour connaître les pays ayant réalisé les meilleures performances. Mais la Chine part largement favorite : avec 231 médailles aux Jeux paralympiques de Londres, Pékin avait écrasé la concurrence. Les Etats-Unis, pourtant dominateurs aux Jeux olympiques, n'étaient que quatrièmes.

Certaines nations habituées au podium des JO semblent absentes du palmarès handisport. Et, à l'inverse, des noms étonnants se glissent parmi les pays performants au niveau paralympique. Franceinfo vous explique pourquoi.

Les bons élèves : le Royaume-Uni et la Tunisie

Le pays est cité en exemple par toutes les fédérations handisport européennes. "Au Royaume-Uni, tous les athlètes en situation de handicap sont salariés, cela leur permet de s'entraîner à 100% du temps", explique Trésor Makunda, un coureur français déficient visuel, à franceinfo. Pour l'édition 2012 des Jeux paralympiques, à Londres, les sportifs d'outre-Manche ont ainsi bénéficié du programme Talent 2012 : Paralympic Potential, qui recrute les sportifs et leur offre un salaire afin qu'ils puissent se préparer au mieux.

Sans parler des stades adaptés et des clubs sportifs capables de prendre en charge des personnes en situation de handicap. D'ailleurs, 1,7 million des 9,4 millions de personnes handicapées dans le pays pratiquent un sport. Et l'intégralité des Jeux paralympiques a été retransmise sur la chaîne publique.

Plus étonnant, la Tunisie et ses 11 millions d'habitants se frayent une place dans le top 20 des nations qui ont remporté le plus de médailles aux Jeux Paralympiques. Un exploit qu'elle n'a pas réussi à réaliser aux JO. Il faut dire que le pays est très investi dans la pratique du handisport, au point d'avoir une armée de recruteurs qui vont dénicher les futurs talents. Ils sont fonctionnaires, comme les entraîneurs.

"L'handicapé en Tunisie a le sport pour s'affirmer, montrer qu'il existe", explique à France 24 Mohamed Mzoughi, président de la Fédération tunisienne des sports paralympiques et handisport, créée en 1988. Celle-ci dispose d'un budget annuel de 250 000 euros. Chaque médaillé d'or aux Jeux paralympiques devient fonctionnaire et bénéficie d'une prise en charge complète. 

Ceux qui progressent : la Chine et le Kazakhstan

La Chine n'a pas la réputation d'être une grande défenseure des droits de l'homme. Mais l'organisation des Jeux olympiques de Pékin lui a permis de faire de gros progrès et d'adapter ses infrastructures. Peu avant les Jeux de 2008, la Chine a ainsi construit en banlieue de Pékin un centre d'entraînement adapté présenté par Beijing Review (en anglais) comme le plus grand au monde. 

"Il y a eu de gros changements vis-à-vis des personnes handicapées en Chine. Un plus grand nombre de personnes handicapées ont maintenant la confiance nécessaire pour atteindre leur but, alors on les encourage à faire du sport", a déclaré au Bangkok Post Zhao Qian, responsable de la délégation paralympique chinoise pour les jeux de Pékin.

Au Kazakhstan, seulement 3% des personnes handicapées ont un travail. Le pays, qui était en lice pour les Jeux olympiques de 2022 avant de perdre face à Pékin, a lancé une vaste campagne de sensibilisation au handicap, et au handisport en particulier, raconte l'AFP. Des efforts qui semblent payer : à Rio, la nageuse Zulfiya Gabidulina a rapporté à son pays sa toute première médaille aux paralympiques.

Le cancre : la Corée du Nord

Sans surprise, les pays où les droits des personnes handicapées sont bafoués réalisent des performances particulièrement médiocres. La Corée du Nord, accusée d'avoir utilisé des enfants handicapés comme cobayes pour tester des armes chimiques, a envoyé – contre toute attente – un sportif à Londres en 2012. Un nageur, amputé d'un bras et d'une jambe après un accident sur un chantier quand il avait 5 ans. Qualifié d'office, il n'a pas dépassé les semi-finales. Il avait appris à nager peu de temps avant la compétition. Cette année, deux athlètes sont partis pour Rio.

Et la France dans tout ça ? 

Avec 45 médailles à Londres, la France affiche un score décevant. Il reste du chemin à faire pour rivaliser avec des pays comme le Royaume-Uni. "Il faut améliorer les possibilités d'accueil dans les clubs, former des entraîneurs habilités", explique Emmanuelle Assmann, la présidente du comité paralympique, à franceinfo. 

"Si Paris obtient les Jeux en 2024, je suis sûr que nous pourrons nous entraîner dans de meilleures conditions, confie le pongiste Jean-François Ducay, qui participe à ses troisièmes Jeux paralympiques. Depuis que l'évènement est retransmis en intégralité, on se sent mieux considérés."

 

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