A Rio, une équipe de réfugiés participera pour la première fois aux Jeux olympiques

L\'athlète Popole Misenga, originaire de la République démocratique du Congo et membre de l\'équipe des réfugiés aux Jeux olympiques d\'été de 2016, pose à Rio de Janeiro, au Brésil, le 2 juin 2016.
L'athlète Popole Misenga, originaire de la République démocratique du Congo et membre de l'équipe des réfugiés aux Jeux olympiques d'été de 2016, pose à Rio de Janeiro, au Brésil, le 2 juin 2016. (PILAR OLIVARES / REUTERS)

Elle est composée d'une dizaine d'athlètes aux origines diverses. Ils défileront sous le drapeau olympique.

A Rio, une équipe fera ses premiers pas dans le monde de l'olympisme. Le président du Comité international olympique (CIO), Thomas Bach, a annoncé la présence de dix athlètes réfugiés aux Jeux de 2016. La délégation aura pour chef de mission l'ancienne athlète kényane Tegla Loroupe, première Africaine à avoir remporté le marathon de New York (Etats-Unis).

"Cette équipe disposera du même soutien et des mêmes infrastructures que les autres athlètes", a indiqué Thomas Bach, avant d'ajouter : "Ces athlètes n'ont ni maison, ni équipe, ni drapeau, ni hymne. Notre but est de leur donner un foyer en compagnie des autres athlètes." Francetv info vous détaille la composition de la toute première équipe de réfugiés de l'histoire des Jeux.

Deux Syriens dans le grand bain

Ils avanceront la bannière du drapeau olympique lors de la cérémonie d'ouverture. Deux Syriens, une femme et un homme, réfugiés en Allemagne et en Belgique, se sont inscrits aux épreuves de natation des JO 2016. L'un d'eux, Rami Anis, est né à Alep. "Je suis très fier car je serai aux côtés de grands champions", déclare le nageur. 

Cinq réfugiés originaires du Sud-Soudan en piste

Dans l'équipe, qui défilera à l'avant-dernière place, avant l'équipe brésilienne, lors de la cérémonie d'ouverture le 5 août, se trouvent également cinq réfugiés originaires du Soudan du Sud. Tous sont inscrits dans des épreuves d'athlétisme. "En me donnant la chance de participer, ils changent ma vie. Même si je ne rapporte pas de médaille d'or ou d'argent, je vais montrer au monde qu'en tant que réfugié, on peut faire quelque chose", dit Yiech Pur Biel. Ce jeune homme de 21 ans, qui a fui la guerre seul alors qu'il n'était qu'un adolescent, sera au départ du 800 m.

A ses côtés, Anjeline Nadai Lohalith, 21 ans. Elle courra le 1 500 m à Rio. Séparée de ses parents depuis plusieurs années, son rêve est de "les tenir dans [ses] bras" si elle reporte la compétition. 

Deux judokas congolais sur les tatamis

A leurs côtés se trouveront également deux athlètes qui ont fui la République démocratique du Congo. Ils s'aligneront en judo. Popole Misenga vit désormais au Brésil. S'il remporte une médaille, il veut la dédier à tous les réfugiés du monde. "Le judo m'apporte beaucoup. Le calme, la discipline, une direction, tout. Cela fait partie de ma vie", décrit-il. 

Yolande Mabika a elle aussi quitté la République démocratique du Congo et vit, depuis 2013, au Brésil. "Je ne savais pas que les réfugiés pouvaient participer aux Jeux olympiques. Cette année servira d'exemple, un exemple au monde. Les réfugiés peuvent faire ce que je fais. Ils peuvent remporter une médaille", défend l'athlète. 

Un Ethiopien au départ du marathon

Le dixième membre de l'équipe est lui d'origine éthiopienne. Yonas Kinde, 36 ans, sera au départ du marathon. "Je serai fier, je serai heureux", explique-t-il. L'athlète, qui vit au Luxembourg depuis cinq ans, a déjà participé à de nombreuses courses dans son pays d'accueil, en Allemagne, en Belgique ou en France.