VIDEO. "On manque cruellement de reconnaissance" : les handballeuses françaises furieuses face la non-diffusion de leur championnat

FRANCEINFO

La saison de la Ligue Butagaz Energie, la première division de handball féminin en France, a débuté la semaine dernière. Mais il est impossible de voir les matchs sur une chaîne française.

Le handball féminin français est en plein paradoxe. Alors que son équipe nationale est championne du monde et d'Europe en titre, que son championnat est le premier dans l'histoire du sport féminin tricolore à avoir obtenu un naming (la division 1 s'appelle désormais la Ligue Butagaz Energie), il est pour l'instant impossible de voir les matchs sur une chaîne française, même payante. Le championnat a débuté le 28 août mais les exploits d'Allison Pineau (Paris 92), d'Alexandra Lacrabère (Fleury-les-Aubray) ou de leurs coéquipières chez les Bleues qui évoluent dans l'Hexagone ne sont pas retransmis, puisqu'aucun diffuseur n'a souhaité acquérir les droits.

La Ligue féminine de handball (LFH) et BeIN Sports n'ont pas réussi à trouver un terrain d'entente, la chaîne qatarie préférant mettre le paquet pour retransmettre l'intégralité du championnat de France masculin, comme l'a révélé la présidente de la LFH, Nodjialem Myaro au Parisien. "Aujourd'hui, on manque cruellement de reconnaissance", lâche-t-elle à franceinfo. "On a des clubs qui se stabilisent, on a un championnat très dense, on a des joueuses internationales qui viennent évoluer en LFH, on a une équipe de France qui a deux titres (championne du monde et championne d'Europe) et on a montré, surtout, qu'au niveau des médias, le handball féminin était apprécié, énumère-t-elle. Mais ce ne sont pas des arguments suffisants".

"Un petit pas en avant et dix en arrière"

Chez les joueuses, c'est la frustration qui domine. L'équipe du Havre a réagi dans une vidéo où les handballeuses interpellent les patronnes et les patrons des chaines françaises. Allison Pineau, une des stars des Bleues, estime que la situation va "à l'encontre des enjeux de notre société". "Il y a des grands discours qui sont faits sur la parité, la place de la femme dans la société et, finalement, on a l'impression de faire à chaque fois un petit pas en avant et dix en arrière", commente la joueuse du Paris 92.

Toutefois, elle ne baisse pas les bras. La demi-centre aux 145 sélections en équipe de France espère une sortie de crise heureuse et une reconnaissance de la première division de handball féminin en France : "C'est un long combat de tous les jours, pour nous les femmes. Mais on ne va pas lâcher."

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