Mondial de handball : "On veut être bons chez nous devant notre public, ne pas décevoir", assure Nikola Karabatic

Nikola Karabatic, star et stratège de l\'équipe de France de handball, en juin 2016
Nikola Karabatic, star et stratège de l'équipe de France de handball, en juin 2016 (SYLVAIN MUSCIO / MAXPPP)

Le championnat du monde de handball débute mercredi à Paris. Le demi-centre et stratège de l'équipe de France, Nikola Karabatic, confie à franceinfo ses impressions avant le début de la compétition. 

Le championnat du monde de handball débute en France, pays hôte de la compétition, mercredi 11 janvier. Les "Experts" français, tenants du titre, ouvrent le bal avec un premier match de poule contre le Brésil à 20h45 à l’AccorHotels Arena de Paris. Fort de plus de cinquante titres, dont trois titres mondiaux (2009, 2011, 2015), trois trophées européens (2006, 2010, 2014) et deux médailles d'or olympiques (2008, 2012), le demi-centre Nikola Karabatic a l’occasion de remporter pour la première fois un titre mondial à domicile. Il a confié à franceinfo ses impressions avant le début de la compétition.

franceinfo : Dans quel état d’esprit abordez-vous ce Mondial ?

Nikola Karabatic : C’est ce qu’il me manque dans ma carrière : de vivre une grande compétition internationale à la maison, en France, et d’avoir le privilège et la chance de jouer une compétition comme ça avec tout l’engouement qu’il y a autour. Cela me motive énormément. Je suis très impatient de commencer.

On a aussi l’expérience, pour la plupart des joueurs, d’avoir joué de grandes compétitions à l’extérieur. On a vu l’impact qu’avait le public sur les équipes. On a joué dans des environnements hostiles, contre la Croatie par exemple avec 15 000 Croates contre nous. Ou au Mondial 2007 avec 20 000 Allemands contre nous en demi-finale... On sait ce que ça fait. On se projette du coup en France avec autant de supporters qui nous soutiennent et un engouement pareil dans tout le pays. On est très heureux et on sait que ça va nous apporter énormément d’énergie.

Vous avez perdu votre titre olympique en finale des Jeux de Rio l’an dernier face au Danemark. Avez-vous une revanche à prendre à l'occasion de ce Mondial ?

On a perdu notre titre de champion d’Europe il y a un an. On a perdu notre titre de champion olympique l'été dernier, mais on a gagné une médaille d’argent. Les gens ne voient pas ça comme un exploit, alors que d’autres sportifs sont les plus heureux du monde de ramener ne serait-ce qu’une médaille de bronze olympique. On a banalisé la médaille d'or. C’est notre exploit et c’est notre fardeau aussi.

On sait qu’il y a beaucoup de pression autour de nous, mais le simple fait de jouer un championnat du monde à la maison est extrêmement motivant. On n’a pas besoin de l’esprit revanchard. On veut juste être bon chez nous devant notre public, ne pas décevoir nos proches, nos fans, nos supporters. On veut vraiment partager avec eux des victoires, des bons moments et une belle aventure. Ça nous suffit pour nous pousser et nous donner à fond.

Les équipes qui reçoivent ont le privilège de pouvoir choisir leur poule. La vôtre est particulièrement difficile. Pourquoi ce choix ?

Il faut le demander aux coachs, ce sont eux qui ont choisi. Ils ont eu cinq minutes lors du tirage au sort. La poule qu’ils ont choisie est la plus difficile, puisqu'elle comporte la Russie, la Pologne, la Norvège, le Japon et le Brésil. C’est vraiment du haut niveau et les matchs seront très tendus. Je pense que les coachs ont plutôt regardé les croisements possibles pour les huitièmes et les quarts de finale si on arrive à passer. Mais il faut à tout prix que nous sortions premiers de notre poule pour espérer un parcours moins dangereux.

On a l’impression que cela fait deux ans que vous n’avez pas quitté le terrain. Est-ce une difficulté supplémentaire ?

On a la particularité dans notre sport d’avoir énormément de matchs. On vient d’enchaîner deux saisons de très haut niveau avec très peu de pauses cet été, une poule en Ligue des Champions super relevée et un championnat de France chaque année de plus en plus difficile. On ne s’arrête pas, on joue des matchs tous les trois jours. Physiquement et mentalement ce n’est pas facile. On a l’impression d’enchaîner deux saisons... On essaiera de se reposer l’été prochain si on a un peu de vacances.

Est-ce que cette compétition pourrait marquer la fin d’un chapitre pour les "Experts" ?

C’est possible qu’il y ait un changement. Mais pas total, parce que ce changement a déjà commencé à s’opérer en équipe de France. Ce sera peut-être une fin de cycle. Ou pas. On verra. Je pense que le résultat du Mondial conditionnera aussi beaucoup la suite.

Et pour vous personnellement ?

Moi, j’ai 32 ans. Je suis encore en forme, je me sens très bien physiquement, très frais mentalement. Donc non, je n’envisage pas encore ma retraite internationale ni ma retraite tout court !

Nikola Karabatic, invité de franceinfo, répond aux questions de Fabienne Sintès.
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