Trois choses que l'on retiendra du passage de Zlatan Ibrahimovic au PSG

L\'attaquant parisien Zlatan Ibrahimovic, lors du match PSG-Rennes, le 30 avril 2016 à Paris.
L'attaquant parisien Zlatan Ibrahimovic, lors du match PSG-Rennes, le 30 avril 2016 à Paris. (FRANCK FIFE / AFP)

Un talent monstrueux, un ego colossal, une carrure impressionnante…  Retour sur le passage d'"Ibra" au PSG.

Entre ses buts kung-fu et ses déclarations chocs, comme la France taxée de "pays de merde" un soir de défaite, Zlatan Ibrahimovic a marqué durablement l'histoire du club parisien et du championnat de France. Retour sur trois choses que l'on retiendra du passage d'"Ibra" au PSG.

1Son jeu

Si, contrairement à ce qu'il a déjà affirmé, le PSG n'est pas né avec lui, il est certain qu'"Ibra" est entré dans la légende du club : quatre titres de champion, trois Coupes de la Ligue, une Coupe de France, trois titres de meilleur joueur aux Trophées UNFP, bientôt trois couronnes de meilleur buteur du championnat, 152 buts, le tout en quatre saisons. Stratosphérique. Le précédent meilleur buteur du PSG, Pedro Miguel Pauleta, pourtant pas maladroit, n'avait inscrit "que" 109 buts en cinq saisons. 

D'autant que le Suédois aux 112 sélections (62 buts), aussi champion des Pays-Bas (2002, 2003), d'Italie (2007, 2008, 2009, 2011) et d'Espagne (2010), semble insubmersible. A 34 ans, l'âge où la plupart des joueurs sont sur le déclin, le natif de Malmö, qu'on disait finissant, a empilé les buts et les gestes de classe. En voici deux exemples (car il est impossible d'être exhaustif). 

PSG-Bastia. L'automne est ensoleillé en ce 19 octobre 2013 au Parc, quand soudain, à la 10e minute, sur un ballon aérien, Ibrahimovic "zlatane" le ballon d'une aile de pigeon à 1,60 m du sol. Un geste identique à un high kick (coup de pied haut) aux arts martiaux. Le Suédois est au sommet de son art et, à propos de son but, désigné le plus beau de la saison, commente : "Il faut que je le regarde à la télévision pour savoir si je le place dans mes plus beaux buts. Mais il a l'air pas mal."

Quatre jours après avoir sonné les Bastiais, il met K.-O. Anderlecht (5-0) en Ligue des champions avec un quadruplé retentissant. Trois beaux buts et un chef d'œuvre, cette reprise de volée des 30 mètres qui nettoie la lucarne adverse, sous les yeux d'un public bruxellois médusé. En 8e de finale, en février suivant, il réussira une frappe similaire à Leverkusen (4-0).

Mais sa science du foot transpire aussi dans son placement, toujours intelligent, dans son jeu de passes, millimétré et capable d'éliminer en un éclair trois, quatre défenseurs adverses, ou encore dans l'utilisation de son corps et sa vivacité dans la prise d'information et l'exécution.

2Ses coups d'éclat

Si "Ibra" a accédé à la notoriété mondiale, c'est aussi pour ses déclarations tapageuses. A Paris, le Suédois a compilé les polémiques : sur l'histoire du club – "avant, ils n'avaient rien" –, sur la qualité du championnat – "je ne connais pas la Ligue 1 mais la Ligue 1 me connaît"... Le 15 mars 2015, Paris est défait à Bordeaux (3-2) , au terme d'un match où l'arbitrage fait polémique. Ibrahimovic craque à l'entrée des vestiaires, le tout filmé par les caméras : "En quinze ans, je n'ai jamais vu un tel arbitre. Dans ce pays de merde. Ce pays ne mérite pas le PSG."


Peu de footballeurs peuvent se targuer d'avoir fait réagir à leurs déclarations des éditorialistes et un Premier ministre. Cette fois, le Suédois se fait "zlataner" pour ses propos : il écope de quatre matchs de suspension ferme.

3Sa mégalomanie

"Ibra" ne serait pas "Ibra" sans son ego colossal. "S'ils remplacent la tour Eiffel par ma statue, je resterai au PSG", prévient-il, le 13 mars dernier. La dame de fer est toujours là, et le Suédois a annoncé son départ du PSG. Avec une formule qui claque, garantie là encore 100% mégalo : "Je suis arrivé comme un roi, je repars comme une légende." 

"J'ai placé la Suède sur la carte du monde et, maintenant, j'ai aussi placé la France sur une carte du monde. J'en suis très heureux", dit-il, tout simplement, le 12 novembre 2015. 

Salué par les "Boulards d'or", trophées de L'Equipe qui "récompensent des sportifs considérant que l'estime de soi se pratique aussi à haut niveau", "Ibra" est passé maître des punchlines. Ainsi, on lui doit : "Peu importe ce qui se dit ou s’écrit. Au PSG, il n’y a qu’un chef. Est-ce moi ? C’est exact, naturellement" (novembre 2015) ; "Toutes les équipes dans lesquelles j'ai évolué étaient des équipes dominantes, parce que j'y jouais" (janvier 2016) ; "Je ne connais pas la Ligue 1 mais la Ligue 1 me connaît" (juillet 2012)... Mais celle qui le résume le mieux date de 2009 : "Je suis le Nord, je suis le Sud, je suis l’Est et je suis l’Ouest. Je suis Zlatan Ibrahimovic."

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