Ligue 1: "Un effet Neymar très positif pour le championnat" sur la saison 2017-2018

Neymar au Parc des Princes à Paris le 12 mai 2018.
Neymar au Parc des Princes à Paris le 12 mai 2018. (FRANCK FIFE / AFP)

Christophe Lepetit, économiste du sport et responsable des études économiques au Centre de Droit et d'Économie du Sport de Limoges, estime dimanche sur franceinfo, Neymar a permis de faire parler de la Ligue 1 à l'international.

Trente-huit journées de championnat et 380 matchs de Ligue 1 plus tard, il est temps de dresser le bilan de la saison 2017-2018, marqué notamment par le recrutement du joueur brésilien Neymar au Paris-Saint-Germain, pour 222 millions d'euros. Cette arrivée a eu "un effet très positif pour le championnat", analyse Christophe Lepetit, économiste du sport et responsable des études économiques au Centre de Droit et d'Économie du Sport de Limoges, au micro de franceinfo.

franceinfo. La Ligue 1 est-elle remontée à la hauteur des autres championnats depuis l'arrivée de Neymar ?

Christophe Lepetit. Non, car la commercialisation des droits télé n'a pas encore eu lieu. La Ligue de Football Professionnel vient de lancer son appel d'offres pour la période 2020-2024. Pour l'instant, sur le strict point de vue des droits TV, il n'y a pas eu d'augmentation. On est encore à la traîne par rapport à nos grands concurrents européens - l'Angleterre évidemment, qui est dans un autre monde, et nous restons encore derrière l'Espagne, l'Allemagne et l'Italie. Il faut espérer que le processus, qui est en cours puisque les offres sont à remettre avant la fin du mois de mai, permettra à la Ligue d'augmenter de façon assez substantielle ses revenus. Le contexte est extrêmement favorable avec l'arrivée de Neymar et d'autres éléments. Il y a un effet Neymar très positif pour le championnat puisque Neymar a permis de faire parler de la Ligue 1 à l'international. Les grandes affiches ont été beaucoup plus diffusées qu'elle ne l'étaient par le passé. Les audiences des matchs de Ligue 1, et en particulier du PSG, ont été extrêmement satisfaisantes, et en très nette hausse par rapport à la saison passée.

Le match Nice-Paris en février avait été programmé à 13 heures pour conquérir les téléspectateurs asiatiques. Quel bilan tirer de cet essai ?

Ce match avait valeur de test pour la Ligue, qui s'apprêtait justement à lancer son appel d'offres. Elle voulait voir si utiliser cette case, favorable sur les réseaux asiatiques, était intéressant. Visiblement, les résultats ont été assez bons, puisque la Ligue a choisi ce créneau pour l'appel d'offres 2020-2024. Il n'y a pas de retombées directes ou indirectes, ni pour Nice ni pour le PSG, sur ce match-là, puisque le montant des droits est négocié collectivement par la LFP pour l'ensemble des clubs. En revanche, le fait d'avoir ce créneau-là demain, à l'international, permettra à la Ligue de vendre des droits sur le territoire chinois plus cher qu'elle ne le fait aujourd'hui, et ces droits-là seront redistribués à l'ensemble des clubs. Il y aura un bénéfice collectif pour l'ensemble du football français.

Le président du PSG, Nasser Al-Khelaïfi, affirme dans l'Equipe suivre les règles. Selon lui, ce serait "surprenant, anormal et scandaleux" que le PSG soit sanctionné pour ne pas avoir respecté le fair-play financier. Risque-t-il vraiment des sanctions ?

Oui, il y a un risque. Le processus est en cours, on devrait en savoir plus très prochainement. Paris a procédé à des recrutements très conséquents l'été dernier, avec Neymar et Mbappé, avec une procédure de prêt quasi-obligatoire que l'UEFA n'a pas trop apprécié. Une enquête avait été diligentée dès la fin du mercato estival l'année dernière pour analyser les comptes du PSG. La sanction la plus lourde est une exclusion de la Ligue des Champions, mais je ne pense pas qu'on en arrive là. Ca prendra très certainement la forme d'une amende, peut-être des limitations dans le recrutement, voire une limitation du nombre de joueurs inscrits pour la Ligue des Champions. Ce sera des sanctions sportives voire économiques, mais ça m'étonnerait que l'UEFA utilise l'arme atomique de l'exclusion de la Ligue des Champions.