Mondial 2022 au Qatar : nouvelles accusations de corruption contre un responsable du foot qatari

Le Qatari Mohamed Bin Hammam, ancien président de la Confédération de football asiatique, le 26 mai 2011 à Zurich (Suisse).
Le Qatari Mohamed Bin Hammam, ancien président de la Confédération de football asiatique, le 26 mai 2011 à Zurich (Suisse). (FABRICE COFFRINI / AFP)

Le Sunday Times affirme détenir des preuves démontrant un système de pots de vin mis en place par un haut responsable qatari, pour s'assurer de l'organisation de la Coupe du monde dans son pays, en 2022.

Le journal britannique Sunday Times affirme, dans son édition du dimanche 1er juin, qu'un ancien haut responsable du football qatari aurait déboursé cinq millions de dollars, environ 3,6 millions d'euros, pour obtenir le soutien de plusieurs représentants du football international à la candidature du Qatar pour le Mondial 2022. Le journal précise être en possession de milliers de courriels et d'autres documents attestant de présumés versements d'argent effectués par Mohamed Bin Hammam, alors membre exécutif de la Fifa pour le Qatar.

Le Qatar dément les accusations

Dans un communiqué, le comité de candidature du Qatar a démenti "avec véhémence toutes les allégations de mauvaise conduite" parues dans la presse. Le comité dit avoir toujours veillé "au plus haut niveau à l'éthique et à l'intégrité de sa candidature" et assuré que Mohamed Bin Hammam "n'a joué aucun rôle officiel ou officieux" en son sein.

Ces documents tendent à démontrer que Bin Hammam, qui était également président de la Confédération de football asiatique, se servait de caisses noires pour verser des espèces à des personnalités éminentes du football international afin d'obtenir un soutien massif à la candidature du Qatar.

L'ancien vice-président de la Fifa mis en cause

Le Sunday Times ajoute que Bin Hammam a versé des pots de vin à hauteur de 200 000 dollars sur des comptes contrôlés par les présidents de 30 associations de football africaines et a organisé des soirées caritatives en Afrique au cours desquelles il a également délivré des fonds pour soutenir la candidature du Qatar.

Le responsable qatari aurait également versé 1,6 million de dollars sur des comptes appartenant à l'ex-président de la Concacaf Jack Warner, également ex-vice président de la Fifa démissionnaire en juin 2011. 450 000 dollars lui auraient été versés avant le vote pour désigner le pays organisateur du Mondial 2022.

Organiser le Mondial au Qatar, une "erreur" selon Blatter

Les révélations du Sunday Times surviennent deux mois après que le Daily Telegraph eut affirmé que Jack Warner, ainsi que des membres de sa famille, auraient reçu environ 1,43 million d'euros d'une entreprise du Qatar détenue par Mohamed Bin Hammam, alors proche des organisateurs du Mondial 2022.

Après s'être lancé dans la présidentielle à la Fifa contre le dirigeant actuel Sepp Blatter, Mohamed Bin Hammam a été reconnu coupable de corruption par le comité d'éthique de la fédération internationale et suspendu à vie en 2012. Le président de la Fifa Joseph Blatter a reconnu que confier l'organisation du Mondial 2022 au Qatar en été avait été une "erreur", relançant une polémique qui ne cesse d'enfler sur les conditions de l'attribution de la compétition à l'émirat.

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