Diffusion des événements sportifs : "Le piratage est évalué à environ 500 millions d'euros pour le marché français"

Un micro de la chaîne de télévision RMC Sport retransmettant l\'Europa League ainsi que la champions League, le 20 septembre 2018.
Un micro de la chaîne de télévision RMC Sport retransmettant l'Europa League ainsi que la champions League, le 20 septembre 2018. (NICOLAS CREACH / MAXPPP)

Après la diffusion du match de Ligue des Champions entre le PSG et Manchester United par la page Facebook du club parisien, l'économiste du sport Christophe Lepetit a expliqué, mercredi sur franceinfo, que cela représente un risque pour l'industrie du sport.

Si l'affiche Manchester United-Paris-Saint-Germain s'est bien déroulée pour le club français qui en est sorti vainqueur, la retransmission de la rencontre n'a pas été de tout repos pour le diffuseur RMC Sport, mardi 12 février. Au delà des problèmes de connexions à la chaîne du groupe Altice Média, le PSG a diffusé ce 8e de finale de la Ligue des Champions sur sa page. Les supporters ont donc pu profiter gratuitement de ce match aller.

Cette épisode s'inscrit dans un phénomène plus large de piratage des évènements sportifs. "Le piratage est évalué à environ 500 millions d'euros pour le marché français", indique Christophe Lepetit, mercredi sur franceinfo. L'économiste du sport au Centre de Droit et d’Economie du Sport (CDES) de Limoges juge que "c'est un vrai problème pour l'ensemble de l'industrie du sport puisque le manque à gagner est relativement important".

Il y a un vrai risque pour l'industrie du sport.Christophe Lepetit
économiste du sport
à franceinfo

Ce phénomène peut aussi entraîner "une baisse des droits sportifs". Christophe Lepetit rapporte que "BeIN Sports sur sa zone Moyen-Orient a indiqué qu'elle paierait beaucoup moins cher les droits sportifs en raison de la consommation illégale en Arabie saoudite". Cela peut se comprendre, selon l'économiste, car "les médias paient de plus en plus cher et pour justifier ces montants investis il faut qu'on puisse leur garantir la totale exclusivité des contenus. Si on ne peut pas, il y a un risque que ces diffuseurs paient moins cher".

En conséquence, Alain Weill, président de NextRadioTV, groupe propriétaire entre autres de RMC Sport, a annoncé, mercredi au service des sports de Radio France, "des suites judiciaires".

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