Sanctions pour des jets de pétards : "C'est comme si la justice avait condamné le Bataclan", juge le président du FC Metz

Le président du FC Metz Bernard Serin, le 3 décembre 2016 au stade Saint Symphorien après l\'interruption du match Metz-Lyon.
Le président du FC Metz Bernard Serin, le 3 décembre 2016 au stade Saint Symphorien après l'interruption du match Metz-Lyon. (JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP)

Le club mosellan a été condamné à deux points en moins ferme et un match à rejouer à huis-clos.

Mais quelle mouche a donc piqué Bernard Serin ? Invité à commenter la sanction infligée à son club par la comission de discipline de la Ligue de football professionnel pour les jets de pétards sur le gardien de Lyon lors de la réception de l'OL, le président du FC Metz a osé une comparaison malvenue avec les attentats de novembre 2015. "C'est comme si, il y a quinze mois, la justice avait condamné le Bataclan !", a-t-il lancé vendredi 6 janvier lors de la présentation à la presse de la recrue Cheick Diabaté.

Les faits remontent au 3 décembre. En pleine rencontre et alors que Metz menait 1-0, le gardien lyonnais Anthony Lopes s'était effondré à cause d'un premier pétard lancé par des supporteurs messins. A terre, et alors que le médecin du club était à son chevet, il avait été visé par un deuxième pétard. L'arbitre avait alors arrêté la rencontre. De quoi valoir au FC Metz une lourde condamnation de deux points en moins ferme et un match à rejouer à huis-clos.

"Indécent", pour un responsable d'association de victimes

En conférence de presse, Bernard Serin a jugé "injuste, incompréhensible et surtout dangereuse" cette décision, "car elle donne encore plus de pouvoirs aux supporters pour influer sur les résultats. Cette jurisprudence permet de manipuler le cours des choses et de faire en sorte que les résultats sportifs ne s'imposent plus", rapporte L'Equipe.

Quelle faute a-t-on commis ? Celle d'avoir laissé quelqu'un entrer avec un pétard gros comme une petite pile ? 488 engins pyrotechniques ont été jetés dans les stades de L1 cette saison. Quelle faute a-t-on commis de plus que les 17 autres clubs concernés par ces 488 jets depuis le début de saison ? C'est comme si, il y a quinze mois, la justice avait condamné le Bataclan !Bernard Serinen conférence de presse

Cette comparaison a valu au patron du club de nombreuses critiques sur les réseaux sociaux. Sur Twitter, le vice-président de l'association de victimes "13 novembre : fraternité et vérité" a fustigé "l'indécence" du propos.