Le Pari(s) gagné du Qatar

(Charles Platiau Reuters)

Le PSG a été sacré champion de France dimanche soir, 19 ans après son dernier titre. Deux ans après l'arrivée de QSI à Paris, ce sacre vient valider les investissements colossaux réalisés par les dirigeants qataris. L'effectif de l'équipe parisienne lui permet désormais de rivaliser avec les meilleurs clubs européens.

Ce titre ne pouvait pas échapper au PSG, grandissime favori du championnat dès le début de saison. Il aura pourtant été acquis dans la douleur et les Parisiens auront tremblé, échaudés par la saison 2011-2012. Les Montpelliérains leur avaient ravis ce trophée qui leur était déjà promis.

Car depuis l'été 2011, le PSG est entré dans une nouvelle dimension. En rachetant le club parisien, Qatar Sports Investissement (QSI) frappe un grand coup et signe une flopée de chèques pour attirer dans la capitale les meilleurs joueurs. La première année, les dirigeants qataris font venir plusieurs stars sur le terrain (Pastore, Sirigu, Alex notamment) et sur le banc. Antoine Kambouaré laisse sa place à l'hiver 2011 à un entraîneur de renom : Carlo Ancelotti.

Un recrutement tonitruant

La deuxième année, le recrutement se poursuit et prend même de l'ampleur avec les arrivées tonitruantes de Zlatan Ibrahimovic, Thiago Silva, Lucas Moura et dans une moindre mesure de David Beckham qui s'engage avec Paris lors du mercato d'hiver. En tout, ce sont 250 millions d'euros qui ont été déboursés en deux ans  pour rivaliser avec les meilleurs.

Dès lors, ce titre de champion de France est presque un minimum et si le Qatar continue sur sa lancée, le club parisien devrait trôner au sommet de la Ligue 1 pendant de nombreuses années. Peu d'équipes hexagonales semblent en mesure de pouvoir rivaliser avec lui. Seule Monaco pourrait jouer dans la même cour grâce à son richissime oligarque russe qui semble aussi disposer d'un confortable budget

Objectif Ligue des champions

Mais les véritables concurrents du Qatar ne jouent pas en France. L'objectif affiché du PSG est désormais de remporter la Ligue des champions. Cette année, les dirigeants espéraient un quart de finale. Mission réussie puisque les Parisiens sont tombés la tête haute contre le FC Barcelone.

Tout n'est pourtant pas rose au pays du football business à la Parisienne. Cette domination en France se traduit – par moment – par de la suffisance. La défaite en Coupe de France contre Évian a fait tâche. Les nombreuses déclarations et l'attitude de Leonardo ont choqué. Son coup d'épaule contre un arbitre après le match contre Valenciennes a terni l'image du club.

Des incertitudes pour l'avenir 

Après sa longue saison, les joueurs vont désormais se reposer, profiter de leur vacances et – pour certains – négocier leur avenir. Car ce titre apporte finalement autant de questions que de réponses. Où sera l'entraîneur Carlo Ancelotti l'an prochain ? Certains l'annoncent à Madrid, d'autre le voit rester à Paris. L'avenir parisien du meilleur buteur du club, Zlatan Ibrahimovic, s'inscrit également en pointillés. Quid aussi de Beckham et de plusieurs joueurs privés de temps de jeu cette saison ?

Dans un monde du football toujours propice aux rumeurs, de nombreux noms sont avancés pour venir renforcer l'équipe. Ceux de Cristiano Ronaldo ou de Wayne Rooney ont par exemple été lancés sans que cela ne choque personne. Impensable il y a encore deux ans. Car dans ce genre d'affaires, on ne prête qu'aux riches. Et le PSG version Qatar est riche. Très riche.