INFOGRAPHIES. Ligue 1 : pourquoi Angers est encore loin de la Ligue des champions

Le milieu angevin Cheikh N\'Doye lors du match entre son équipe et Nice, le 29 août 2015. 
Le milieu angevin Cheikh N'Doye lors du match entre son équipe et Nice, le 29 août 2015.  (JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP)

L'entraîneur des surprenants deuxièmes du championnat, qui affrontent Guingamp samedi, ne parle que de maintien. Et l'histoire lui donne raison. 

"Candidat au titre ? Le fait de nous poser la question, c'est déjà incroyable, ironise Stéphane Moulin, l'entraîneur du SCO d'Angers, 2e de Ligue 1 derrière le PSG, après 10 journées. Non, pas du tout, on est toujours candidat au maintien." Avant la réception de Guingamp, samedi 24 octobre, on va vous prouver que le coach angevin fait bien d'être prudent.

 

Parce que la Ligue 1 n'est pas si accueillante pour les promus

 

Un promu tient en moyenne quatre ans en Ligue 1 (statistique établie sur les 20 dernières saisons). C'est deux fois plus qu'en Premier League, par exemple, où les promus se font broyer par les effectifs pléthoriques des grosses écuries en deux saisons, en moyenne. La petite équipe française qui débarque en Ligue 1, elle, s'accroche : un club sur deux présent en L1 est là depuis moins de dix ans. Avis aux Angevins : un promu en L1 a plus de chances qu'ailleurs de rester dans l'élite. Pas sûr toutefois que cela rassure Troyes et le Gazélec Ajaccio, mal embarqués au classement.

C'est curieusement moins que dans les autres grands championnats étrangers : 60% des clubs présents en Premier League ou en Serie A, et même 70% des clubs présents en Liga espagnole sont présents depuis moins de dix ans. Mais cela traduit surtout un championnat à deux vitesses, avec quelques clubs indéboulonnables qui trustent les premières places, et le tout-venant qui lutte pour ne pas descendre. Ce qui est moins vrai en Ligue 1.

 

Parce que les promus ont 75% de chances d'être rétrogradés quatre ans après leur montée

 

Peut-on raisonnablement envisager qu'Angers finisse la saison sur le podium ?  Non. Depuis Bordeaux, champion l'année de sa remontée en 1950, quelques clubs ont réussi des épopées fantastiques. Mais la place moyenne d'un promu, depuis la saison 1994-1995, est la 16e.

Si Angers se maintient - avec 21 points en 10 journées, le club a déjà fait la moitié du travail, la moyenne pour se maintenir étant de 42 points - il ne faudra pas croire qu'il a fait le plus dur. Deux promus sur trois se sauvent à l'issue de leur première saison en L1. Mais au bout de quatre ans, un novice a 75% de chances de redescendre à l'étage inférieur. Contrairement à une idée reçue et ânonnée par les présidents et entraîneurs de club (comme ici, à Caen), la deuxième saison dans l'élite n'est pas la plus difficile. 

Parce qu'il est rare de les voir finir en haut de tableau

Un promu 2e à la 10e journée peut-il descendre ? Non, répondent les bookmakers. Pour eux, une descente d'Angers est cotée à 20/1, au même niveau que Lille ou Nice. 

Statistiquement, il n'est pas rare de voir un promu se mêler aux premières places en début de saison (ce que les observateurs du foot, un rien condescendants, qualifient de "tube de l'été"). Généralement, le meilleur promu en début de saison connaît un creux qui le fait doucement redescendre vers le milieu de tableau. Sauf exceptions, comme Lille en 2000 ou Monaco en 2013. A l'inverse, certains lièvres se sont brutalement transformés en tortues, comme Brest en 2011, 4e au quart du championnat, poussif 16e à l'issue de l'exercice.

Bien malin qui devinera la place du SCO en fin de saison. "Notre parcours dépasse un peu l'entendement", reconnaît le coach angevin, Stéphane Moulin. "Moins on aura les projecteurs braqués sur nous, mieux on se portera", lui répond son président Saïd Chabane, dans L'Equipe.

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