Diminution des salaires des footballeurs : "Un très bon coup de pouce pour les clubs" qui traversent la crise du coronavirus

La présentation du ballon officiel de la Ligue 1, saison 2019 (illustration).
La présentation du ballon officiel de la Ligue 1, saison 2019 (illustration). (PASCAL PAVANI / AFP)

Un économiste spécialiste du sport estime que la crise actuelle est une occasion à saisir pour trouver une "régulation qui irait dans le sens d'une stabilité à long terme du sport professionnel".

Les dirigeants et les footballeurs de Ligue 1 et de Ligue 2 ont trouvé un accord en vue d’une baisse "provisoire" des salaires afin de préserver la trésorerie des clubs face à la crise du coronavirus. Les joueurs toucheront leur salaire à la fin de la saison quand seront versés les droits télés. Cet accord doit encore être validé par le gouvernement. Les clubs de rugby du Top 14 envisagent eux aussi de baisser les salaires de leurs joueurs.

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Sur franceinfo mercredi 8 avril, Christophe Lepetit, responsable des études économiques au Centre de droit et d'économie du sport (CDES) de Limoges, estime que cette baisse provisoire des salaires est "un très bon coup de pouce pour ces clubs" qui va leur permettre de mieux gérer leur trésorerie.

Une économie "très fragile"

"Les clubs sont des entreprises événementielles qui n'ont plus aucune recette qui rentre, notamment les recettes liées aux jours de matchs, explique Christophe Lepetit. En plus, ces clubs sont menacés par les diffuseurs ou les partenaires sponsors de ne pas toucher leurs droits télés ou leurs revenus liés au sponsoring. On a donc une vraie tension sur la gestion de la trésorerie. Des systèmes, avec une rémunération des joueurs qui diminue, au moins temporairement, permettent de soulager cette gestion de trésorerie compliquée".

Par ailleurs, l'effet de la mise en place du chômage partiel aura été limité pour les clubs professionnels de football ou de rugby.

Les rémunérations dépassent très souvent 4,5 fois le montant du Smic, la base sur laquelle l'État rembourse la mise en chômage partiel des salariés. Les clubs se retrouvent donc avec un reste à charge qui est très conséquent. Christophe Lepetit, responsable des études économiques au CDES de Limoges.à franceinfo

 

"Voilà pourquoi les partenaires sociaux, les clubs, les joueurs, se mettent autour de la table pour discuter des modalités qui permettent à tout le monde de passer la crise", avance Christophe Lepetit.

Pour l’économiste spécialiste du sport, cette crise traversée par le secteur du sport professionnel soit servir "de révélateur et de prise de conscience". "Toutes les parties prenantes voient bien que leur économie est très fragile et donc je pense qu'aujourd'hui les conditions sont réunies pour avoir cette négociation autour d'une régulation qui irait dans le sens d'une stabilité à long terme du sport professionnel." Parmi les solutions envisagées par Christophe Lepetit, il y a la régulation salariale avec une possibilité de plafonnements des salaires ou encore des limitations de la taille des effectifs.

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