De "Bien joué les gars !" à "Il n'y a pas eu d'incidents", la classe politique russe défend ses supporters

Des bagarres entre supporters anglais et russes ont éclaté, samedi 11 juin, à Marseille, à proximité du Vieux port.
Des bagarres entre supporters anglais et russes ont éclaté, samedi 11 juin, à Marseille, à proximité du Vieux port. (GEORGES ROBERT / CITIZENSIDE / AFP)

Après les timides regrets du ministre des Sports concernant les incidents de ce week-end à Marseille, un député vient de féliciter sur Twitter "ceux qui se sont battus pour le pays". 

Les images marquantes de ce début d'Euro, ce sont les scènes de batailles rangées en plein cœur de Marseille, quand les hooligans russes ont attaqué les ultras anglais façon commando, samedi 11 juin. Le procureur de Marseille parle de 150 hooligans russes ultra-entraînés, dont aucun n'a été interpellé. Contrairement au gouvernement britannique, qui s'est confondu en excuses, la classe politique russe n'a pas cherché à se désolidariser des fauteurs de troubles. Bien au contraire.

La première réaction des autorités russes après les bagarres à Marseille a été de pointer la responsabilité des fans anglais, qui ont provoqué les bagarres par leurs chants anti-Poutine (et anti-Maria Sharapova). Le journal Vesti, proche du pouvoir, a ainsi écrit : "Les fans anglais ont commencé la bagarre en attaquant nos fans, mais 250 Russes, originaires de tout le pays, les ont repoussés de ces alcooliques." Il ne manquait que la précision que plusieurs hooligans russes portaient un T-shirt à la gloire de Vladimir Poutine.

"Ils ont défendu l'honneur de la patrie !"

Vitaly Mutko, ministre russe des Sports, présent au Vélodrome, a fini par prononcer des excuses du bout des lèvres. Il concède qu'il a eu "honte" des supporters de son pays. Quand il a vu la charge des fans russes à l'intérieur du stade, à la fin du match, Mutko a critiqué la sécurité au Vélodrome . "Il n'y a pas eu vraiment d'incidents, tout est très exagéré", a réagi le ministre sur la chaîne R-Sport. "Nous sommes un pays civilisé", a-t-il insisté, refusant de mettre en parallèle ces incidents avec la tenue du Mondial en Russie, en 2018.

Le vice-président du parlement russe, Igor Lebedev, est reparti dans le déni quand il a réagi sur Twitter à la conférence de presse du procureur de Marseille : "Les gars ont défendu l'honneur de la patrie, et n'ont pas laissé les Britanniques défier notre pays. Je ne vois rien de mal aux combats de supporters. Au contraire, bien joué les gars et tenez bon ! " Un autre député a renchéri sur la chaîne Dojd : "Les supporteurs russes n'ont rien fait de criminel ou dépassant les limites." Un des patrons de la police moscovite a encore moins fait dans la dentelle quand il a déclaré que les policiers français étaient affaiblis par les gay-prides face aux virils russes.

Ironie de l'histoire, le ministère des Affaires étrangères russes avait appelé les fans à la prudence lors de leur voyage en France pour suivre l'Euro, juste avant le début de la compétition.