Euro 2016 : la France n'a-t-elle vraiment affronté que des bleus pour aller en demie ?

Didier Deschamps lors du huitième de finale contre l\'Irlande, le 26 juin 2016, à Lyon (Rhône). 
Didier Deschamps lors du huitième de finale contre l'Irlande, le 26 juin 2016, à Lyon (Rhône).  (VALERY HACHE / AFP)

Certaines critiques pointent la faiblesse des adversaires des hommes de Didier Deschamps pour minorer la qualification des Bleus en demi-finale de leur Euro.

Vous êtes arrivés au bureau le sourire aux lèvres, le maquillage bleu-blanc-rouge sur votre joue pas totalement effacé, en pensant à tous les Cassandre qui avaient prédit que les Bleus tomberaient dans le traquenard islandais. A la machine à café, forcément, on ne parlait que du quart de finale brillamment remporté par les Bleus (5-2), dimanche 3 juillet. Quand d'un seul coup, votre collègue Jean-Jacques-de-la-compta lance : "Oui, enfin, ils n'ont battu aucune grande nation du football pour arriver en demi-finale !" Inattaquable, Jean-Jacques. Mais est-ce si exceptionnel pour un Euro ? 

Une phase de poule taillée sur mesure

Les pays organisateurs bénéficient toujours du statut de tête de série, ce qui leur garantit en général un groupe abordable. A l'exception des Pays-Bas, qui avaient hérité lors de l'Euro 2000 du groupe de la mort, avec la France, championne du monde en titre, de la République tchèque, 3e du classement Fifa à l'époque, et d'un Danemark qui était aux portes du top 10 mondial. Avec le changement de format à 24 équipes, les Bleus de 2016 bénéficient d'un groupe légèrement plus facile que par le passé.

Un parcours plus aisé pour accéder au dernier carré

Pour se hisser jusqu'en demi-finale, les Français ont affronté des adversaires qui ne figurent pas parmi la crème du classement Fifa : la Roumanie (22e), l'Albanie (42e), la Suisse (15e), l'Irlande (33e) et l'Islande (34e). Un parcours autrement plus facile que ce qui était proposé aux précédents vainqueurs de l'Euro, qui ont toujours dû se coltiner un cador à un moment donné : l'Allemagne, qui avait joué la Russie (3e) dès le premier tour en 1996, la France qui avait affronté les Tchèques (3es) en poules et les Espagnols (4es) en quarts en 2000. La Grèce avait affronté l'Espagne (3e) et la France (2e) à l'Euro 2004, etc. Pour les Bleus de 2016, le premier gros morceau n'arrive qu'en demi-finale, avec l'Allemagne (4e).

Et encore un adversaire facile en finale ?

C'est encore plus net quand on calcule le niveau moyen des adversaires des vainqueurs, comparé au pedigree moyen des victimes des Bleus. Même en incluant l'Allemagne, l'adversaire-type des Bleus tourne autour de la 26e place du classement Fifa. Et si les Français se défont de la Mannschaft et affrontent le pays de Galles en finale, la statistique n'évoluera pas : les coéquipiers de Gareth Bale occupent précisément la 26e place mondiale. Si c'est le Portugal, la statistique évoluera à peine (22,5 de classement moyen).

C'est tout sauf un hasard : le tirage au sort avait garanti un parcours royal à la France, avec l'assurance de rencontrer un 3e de groupe en huitième et un 2e de groupe en quarts.

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