Coupe du monde 2018 : on vous résume l'imbroglio provoqué par Adrien Rabiot, qui refuse d'être suppléant des Bleus

Adrien Rabiot, avec un survêtement de l\'équipe de France, le 8 novembre 2016.
Adrien Rabiot, avec un survêtement de l'équipe de France, le 8 novembre 2016. (FRANCK FIFE / AFP)

A moins d'un mois du Mondial, l'équipe de France se serait bien passée de cette polémique.

Pas question d'être un second couteau. Ecarté de la liste des 23 Bleus sélectionnés pour le Mondial 2018, Adrien Rabiot a refusé de faire partie des réservistes de l'équipe de France. Il "fait une énorme erreur", a jugé le sélectionneur Didier Deschamps, lors d'une conférence de presse, mercredi 23 mai. On vous résume cet imbroglio, qui fait un peu tache, pile au moment où les joueurs tricolores arrivent à Clairefontaine pour se préparer à la compétition.

Comment a-t-il annoncé sa décision ?

Vexé de ne pas se retrouver parmi les 23 joueurs sélectionnés par Didier Deschamps, Adrien Rabiot n'a pas souhaité préserver le mince espoir qu'il avait de disputer la première Coupe du monde de sa carrière – en cas de blessure d'un joueur. Et c'est par un simple e-mail envoyé mardi 22 mai qu'il a informé Didier Deschamps de son intention de ne pas faire partie des réservistes appelés par le sélectionneur à "se tenir prêt".

Son texte est "très informatif, sans affect apparent et sans explication sur le fond de sa démarche", révèle Le Parisien (article payant). Selon le quotidien, le joueur évoque son statut de suppléant, puis indique que "dans ces conditions", il refuse de se mettre à disposition de l'équipe de France. En conférence de presse, Didier Deschamps dit avoir été tellement surpris qu'il a un temps pensé qu'il pouvait s'agir d'un faux courriel. Il a ainsi envoyé un SMS au joueur afin de s'assurer qu'il s'agissait bien de lui, mais Adrien Rabiot n'a pas répondu.

Est-ce surprenant de sa part ?

Le joueur de 23 ans s'était déjà fait remarquer dans le passé. En 2008, Adrien Rabiot, qui n'avait alors que 13 ans, avait claqué la porte de Manchester City au bout de six mois. La faute à un profond désaccord entre sa mère Véronique – qui est également son agent – et la direction du club mancunien. En 2012, après avoir signé son premier contrat professionnel au PSG, il n'avait pas souhaité prolonger celui-ci et avait été écarté du groupe par la direction parisienne. En 2015, il avait également été privé de finale de la Coupe de France après un retard. Vexé, il avait décidé de ne pas prendre place dans les tribunes du Stade de France.

Au sein de l'équipe de France, avec laquelle il compte six sélections, Adrien Rabiot s'était moins fait remarquer mais avait déjà eu des paroles laissant les observateurs perplexes. Après le match contre la Bulgarie, le 7 octobre dernier, le joueur du PSG avait en effet laissé entendre qu'il ne s'était pas donné à fond. "C'était assez dur parce qu'il faisait froid, je n'étais pas chaud. J'avais aussi la peur de me blesser, quand on rentre dans des conditions comme ça", avait-il indiqué, cité par L'Equipe.

Comment réagit le football français ?

La décision d'Adrien Rabiot fait tache, car elle est révélée le jour-même où les 23 joueurs sélectionnés sont arrivés à Clairefontaine pour se préparer en vue de la Coupe du monde. Dans un communiqué, le président de la Fédération française de football, Noël Le Graët, a dénoncé "une mauvaise décision" : "Il se pénalise et se sanctionne tout seul."

Même ligne pour Didier Deschamps, pour qui Adrien Rabiot fait "une énorme erreur""Je peux comprendre l'immense déception, mais de là à prendre une telle position…" a-t-il réagi. Le sélectionneur est loin d'être le plus sévère. Pour l'ancien intendant des Bleus Henri Emile, le milieu de terrain parisien "n'a pas compris que dans son métier, il n'y a pas que des titulaires. Il y a des effectifs de 25 à 30 joueurs, et être remplaçant ça fait partie de son métier et de l'esprit qu'il doit avoir".

Quelles sanctions risque-t-il ?

"Il se met à la faute, point barre", a sobrement fait savoir Didier Deschamps. Le sélectionneur assure qu'il n'a "jamais pris de décision radicale" à l'encontre d'un joueur. "Je sais que je ne peux pas compter sur lui. Il refuse son statut de réserviste, de suivre un programme et d'être appelé comme suppléant. C'est sa décision, il assume", a-t-il pesté.

Selon le règlement de la Fifa, seule une blessure ou une maladie aurait pu justifier une telle décision. En 2002, lorsque Nicolas Anelka avait refusé de remplacer Sidney Govou pour un match amical contre la Yougoslavie, la FFF lui avait infligé deux matchs de suspension en club. Mais la Fédération anglaise n'avait pas validé cette sanction à l'encontre de l'attaquant de Manchester City, estimant qu'il avait été appelé à la dernière minute.

Cette fois-ci, la FFF aurait décidé de ne pas sanctionner Adrien Rabiot, mais un entretien entre le joueur du PSG et Didier Deschamps aura lieu à la fin du Mondial, avance RMC Sport.