Football : Michel Platini accuse l'administration de la Fifa d'avoir voulu lui "nuire"

Michel Platini et  Sepp Blatter, le 29 mais 2015 à Zurich.
Michel Platini et  Sepp Blatter, le 29 mais 2015 à Zurich. (MELANIE DUCHENE / RIA NOVOSTI / AFP)

Interrogé sur l'ex-président de la Fifa, Seb Blatter, le Français lâche: "Il a toujours dit que je serais son dernier scalp".

Pour sa première prise de parole publique depuis mai 2016, Michel Platini tape fort. Il accuse "l'administration" de la Fifa d'avoir voulu lui "nuire", après sa suspension de toute activité du football en raison d'un paiement controversé, dans un entretien au Monde publié jeudi 30 mars. Interrogé sur l'ex-président de la Fifa lui aussi suspendu, Seb Blatter, le Français lâche: "C'est le plus gros égoïste que j'aie vu de ma vie. Il a toujours dit que je serais son dernier scalp".

Le quotidien lui a posé la question: "Selon plusieurs sources, c'est un proche de Sepp Blatter, le directeur juridique Marco Villiger, qui aurait informé le parquet quant au paiement de 2011. Aviez-vous l'impression d'être dans le viseur de la Fédération ?" Réponse de Michel Platini, en parlant des membres de l'administration de la Fifa dans son ensemble: "Ils cherchaient quelque chose pour me nuire. Les diverses instances internes de la Fifa ont été instrumentalisées par les personnes qui tiraient les ficelles. J'ai toujours vécu dans l'espoir qu'elles diraient la vérité. Mais ce n'est jamais arrivé".

Platini "fasciné" par le "machiavélisme" de Blatter

A propos de Seb Blatter : "Il pensait qu'il vieillirait, finirait, mourrait, serait enterré à la Fifa. C'était son voeu", affirme l'ex-capitaine de l'équipe de France et ex-président de l'UEFA. Michel Platini avoue aussi qu'il était "fasciné" par le "machiavélisme" du Suisse : "C'est quelqu'un de fascinant. Après, il ne faut pas toujours croire ce qu'il dit. Il te dira toujours ce que tu as envie d'entendre. Mais c'est un animal politique exceptionnel".

Le Français de 61 ans est actuellement suspendu de toute activité liée au football pour un paiement de 1,8 million d'euros reçu en 2011, sans contrat écrit, pour un travail de conseiller de Sepp Blatter (ex-président de la Fifa) achevé en 2002. Suspendu huit ans en première instance, Platini a vu cette peine réduite à six ans en appel interne à la Fifa, puis à quatre ans par le Tribunal arbitral du sport (TAS), plus haute juridiction sportive. "Ce n'est pas terminé", a-t-il assuré au Monde.