Fifa : le prince Ali saisit le tribunal arbitral du sport pour faire reporter l'élection

Le prince Ali Bin Al Hussein, lors d\'une conférence de presse, à Genève (Suisse), le 11 février 2016. 
Le prince Ali Bin Al Hussein, lors d'une conférence de presse, à Genève (Suisse), le 11 février 2016.  (FABRICE COFFRINI / AFP)

Alors que l'élection doit être organisée vendredi, le prince jordanien réclame la mise en place d'isoloirs transparents pour le scrutin. La Fifa a refusé. 

L'élection du successeur de Sepp Blatter à la tête de la Fifa prévue vendredi 26 février est-elle menacée ? Le prince jordanien Ali, l'un des cinq candidats, a saisi le tribunal arbitral du sport pour demander le report de l'élection prévue vendredi, indiquent mardi 23 février ses avocats français.

Ce recours est motivé par le fait que la "Fifa s'est opposée à [la] demande de procédure accélérée" du prince Ali pour la mise en place d'isoloirs transparents lors du vote, selon les avocats parisiens Me Francis Szpiner et Renaud Semerdjian. Cette demande avait fait l'objet d'une première saisine du tribunal arbitral du sport, la plus haute juridiction sportive, par le Jordanien lundi.

"Au lieu d'accepter la proposition faite par le prince Ali de mettre à disposition des isoloirs transparents, nous constatons que la Fifa ne formule qu'une simple demande faite aux votants de 'laisser (leur téléphone mobile) au moment où ils iront voter'", dénoncent les deux avocats dans leur communiqué.

Les avocats avaient annoncé dès samedi cette demande du prince Ali pour la mise en place d'isoloirs transparents lors de l'élection du président de la Fifa vendredi, un scrutin lors duquel les 209 fédérations nationales membres de la Fifa devront désigner le successeur du Suisse Joseph Blatter.

Les téléphones ne devraient pas être autorisés au moment de voter

"Seul un isoloir transparent permettrait de prouver que chaque votant vote bien en son âme et conscience et qu'il n'y pas eu de vote forcé, en empêchant les votants de photographier leur bulletin pour prouver qu'ils auraient suivi une éventuelle consigne de vote", avait précisé samedi Me Semerdjian. Sollicitée pour réagir à cette requête, une porte-parole de la Fifa avait répondu : "Les votants pourront avoir avec eux leur téléphone mobile dans la salle du congrès mais devront le laisser au moment où ils iront voter."

Alors que la Fifa est embourbée depuis mai dernier dans un scandale de corruption planétaire, cinq hommes postulent à la succession de Blatter, forcé à la démission en raison des affaires. Deux sont favoris : l'italo-suisse Gianni Infantino, numéro deux de l'UEFA, qui représente l'Europe du football, et le cheikh bahreini Salman, le président de la Confédération asiatique (AFC). Trois sont des outsiders : le prince Ali (candidat malheureux face à Blatter en mai lors de la précédente élection), le français Jérôme Champagne et le sud-africain Tokyo Sexwale.

Outre les requêtes du prince Ali devant le TAS, Jérôme Champagne a dénoncé lundi devant la commission électorale de la Fifa le trop grand nombre "d'observateurs" de l'UEFA et de l'AFC accrédités pour le congrès. Des invités qui, selon lui, seraient là en tant que lobbyistes, pour faire campagne pour Salman et Infantino jusqu'à la dernière seconde.