Fifa : Chuck Blazer admet avoir reçu des pots-de-vin pour les Mondiaux 1998 et 2010

Chuck Blazer, haut responsable de la Fifa, le 25 mai 2012 à Budapest (Hongrie).
Chuck Blazer, haut responsable de la Fifa, le 25 mai 2012 à Budapest (Hongrie). (PETER KOHALMI / AFP)

Ce haut responsable de la Fifa, devenu la taupe du FBI, est passé aux aveux en 2013. Le procès-verbal de son audition vient d'être publié.

Il est au cœur des révélations sur le scandale de corruption à la Fifa, et la justice américaine révèle, mercredi 3 juin, qu'il est passé aux aveux il y a deux ans, avant de devenir la "taupe" du FBI dans cette affaire. Chuck Blazer a admis avoir reçu des pots-de-vin pour les Mondiaux 1998 (France) et 2010 (Afrique du Sud). Selon le procès-verbal de son audition par la justice américaine, le millionnaire, figure du football en Amérique du Nord durant deux décennies, avait plaidé coupable en novembre 2013 de racket et blanchiment d'argent, notamment.

"J'ai accepté avec plusieurs personnes vers 1992 de faciliter la remise d'un pot-de-vin dans le cadre de la sélection du pays organisateur du Mondial 1998", a déclaré Chuck Blazer à la justice américaine. 

Un pot-de-vin marocain

Dans un autre document publié également mercredi, Chuck Blazer a précisé à la justice américaine qu'il avait été invité au Maroc par le comité de candidature marocain avec celui qui est désigné par la justice américaine sous le nom de "complice n°1". "Blazer était présent lorsqu'un représentant du comité de candidature marocain a offert un pot-de-vin au complice n°1 en échange de sa voix pour le Maroc dans le scrutin pour le pays hôte de la Coupe du monde 1998 et le conspirateur n°1 a accepté le pot-de-vin", précise le document.

L'organisation de la Coupe du monde 1998 avait été confiée par la Fifa en juillet 1992 à la France, qui était la seule concurrente du Maroc. La France avait remporté le scrutin par 12 voix contre sept. L'Afrique du Sud avait été préférée pour la Coupe du monde 2010 à l'Egypte, au Maroc et à une candidature commune entre la Libye et la Tunisie.

Dans son acte d'accusation, rendu public le 27 mai, la justice américaine soupçonne le Trinidadien Jack Warner, alors président de la Concacaf, d'avoir empoché 10 millions de dollars en échange de trois voix en faveur de l'Afrique du Sud lors du vote pour l'attribution du Mondial 2010. L'Afrique du Sud a depuis reconnu que 10 millions de dollars avaient été versés au football caribéen par la fraternité panafricaine et a balayé toute idée de corruption.

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