EN IMAGES. De la boue, des gros gadins et une immense joie au bout d'un Paris-Roubaix dantesque : l'Enfer du Nord porte bien son nom

L'Italien Sonny Colbrelli (Bahrain Victorious) a remporté l'édition 2021 de Paris-Roubaix, qui restera dans les mémoires tant par son scénario que par ses conditions épiques.

Ce Paris-Roubaix était l'un des plus attendus depuis longtemps et il n'a pas déçu. Après deux ans et demi d'absence à cause du Covid-19, la classique aux pavés traîtres a fait son retour dans son essence la plus pure et pénible : des conditions météorologiques difficiles entre la pluie et le vent et des pièges à chaque coup de pédale.

De cette course de forçats est née une victoire qui restera dans les annales, celle de l'Italien Sonny Colbrelli. Il fallait au moins dix clichés pour marquer à jamais cette course qui aura rarement aussi bien porté son sobriquet d'Enfer du Nord.

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Les prévisions météo ne nous avaient pas dupés. Samedi déjà, le ciel s'était montré capricieux pour la course femmes. Dans la nuit de samedi à dimanche, il a craché à flots tout son chagrin sur le sol nordiste, noyant le pavé et les bas-côtés. Le premier Paris-Roubaix humide depuis 20 ans - auquel s'est parfois aussi mêlé le vent - a bien eu lieu, compliquant un peu plus encore la tâche du peloton.

ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
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La 118e édition de Paris-Roubaix n'a pas eu lieu en avril, comme à son habitude. Mais après l'annulation de 2020, le report de 2021 n'a pu nous priver du charme unique du cadre nordiste. Ses secteurs pavés bordés de champs immenses, ses maisons de briques et son public fervent : la course n'a peut-être pas retrouvé sa place traditionnelle dans le calendrier, mais elle n'a rien perdu de son âme.

ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
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Avec les trombes d'eau tombées dans les heures précédentes, les routes du début de parcours n'ont pas pu sécher ou être nettoyées. Les coureurs n'ont pas eu d'autres choix que de traverser des flaques de boue et de jouer les équilibristes pour rester sur leur selle.

ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
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Après une première heure courue sur un rythme frénétique (plus de 50 km/h de moyenne), une première échappée parvient à se former en début de journée après 53 kilomètres de course. Parmi elle, plusieurs coureurs de la Deceuninck-Quick Step de Florian Sénéchal, outsider du jour, Greg van Avermaet, vainqueur en 2017, mais aussi deux des grands animateurs du jour, Gianni Moscon (Ineos- Grenadiers) et Florian Vermeersch (Lotto-Soudal). La trentaine de fuyards entrent en premiers sur les pavés pour le moins humides.

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Dans de pareilles conditions, les chutes sont encore plus nombreuses qu'à l'accoutumée. Et personne n'est épargné, pas même des coureurs expérimentés comme les deux anciens champions du monde Mads Pedersen et Michal Kwiatkowski, ici dans la redoutable Trouée d'Arenberg.

FRANCOIS LO PRESTI / AFP
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A l'image de Wesley Kreder (Intermarché-Wanty-Gobert), on ne compte plus les coureurs au sol. Paris-Roubaix est impitoyable, cruel. Le Néerlandais se relèvera non sans mal et terminera la course. Au contraire de 80 des 174 participants ayant pris le départ. CHRISTOPHE PETIT TESSON / EPA via MaxPPP
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Favori comme une semaine plus tôt durant les Championnats du monde, Wout van Aert aura manqué son Paris-Roubaix. Le Belge, trop seul dans les moments décisifs, rate les bons coups et laisse filer à plus de 80 kilomètres de l'arrivée. La stratégie s'avèrera être un échec, Van Aert terminant 7e à 1'16" de la tête.

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Présent dans l'échappée du début de journée, l'Italien Gianni Moscon s'est fait oublier avant de frapper fort. Impérial sur les pavés, le coureur d'Ineos-Grenadiers avait course presque gagnée à 30 kilomètres de l'arrivée et plus d'1'15" d'avance sur ses poursuivants. Mais Paris-Roubaix ne se termine qu'une fois le vélodrome de Roubaix parcouru. Une crevaison puis une chute en quelques minutes ont ruiné les espoirs de Moscon, repris à 16 kilomètres du terme et finalement au pied du podium. DAVID STOCKMAN / BELGA MAG via AFP
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Moscon avalé, trois hommes se jouent la gagne. Autre favori de l'épreuve, Mathieu Van der Poel a tenu son rang en dynamitant le groupe des cadors avant de mener la poursuite jusque dans le final. Le Néerlandais est suivi par Sonny Colbrelli, qui avait anticipé les débats en s'extirpant du groupe Van Aert à plus de 80 kilomètres de l'arrivée. L'invité surprise se nomme Florian Vermeersch, jeune Belge de 22 ans, échappé de la première heure et révélation de ce dimanche. CHRISTOPHE PETIT TESSON / EPA via MaxPPP
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Les trois hommes de tête se jouent la victoire au sprint. Inattendu et méconnu, Florian Vermeersch tente d'y aller au bluff en lançant tôt. Comme sur le Tour des Flandres, Mathieu Van der Poel doit s'avouer vaincu. Mais le Néerlandais tombe avant tout sur Sonny Colbrelli, qui sprinte vissé à sa selle tant les efforts ont pesé. L'Italien, récent champion d'Europe, confirme sa grande forme et remporte son premier Monument pour sa toute première participation à Paris-Roubaix. La joie du coureur de la Bahrain Victorious, qui soulève son vélo dans les airs et s'effondre en larmes dans la pelouse du Vélodrome, en dit long sur son épuisement et sa délivrance. Quelques mètres à côté, Van der Poel est face contre terre, prostré immobile dans le gazon. Un final homérique, à la hauteur d'une journée dantesque. BERNARD PAPON / AFP
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