Tour de France : le président de l'UCI conseille au patron de l'équipe Sky de faire "un peu profil bas"

David Lappartient, président de l\'UCI, en mars 2018.
David Lappartient, président de l'UCI, en mars 2018. (SALVATORE DI NOLFI / KEYSTONE / MAXPPP)

David Lappartient, président de l'Union cycliste internationale, a réagi fermement sur franceinfo mardi 10 juillet aux déclarations du directeur de l'équipe de Chris Froome.

Dave Brailsford, le manager de l'équipe Sky, devrait faire "un peu profil bas" a réagi fermement David Lappartient, président de l'Union cycliste internationale sur franceinfo mardi 10 juillet. Dimanche, Dave Brailsford, qui dirige l'équipe de Chris Froome, a taclé le Français en expliquant qu’il n’a "pas compris les responsabilités qu’implique son rôle" et ajoutant qu'il "a encore la mentalité d'un maire français". "Ce n’est pas bien malin de sa part", lui répond David Lappartient, qui estime ces propos déplacés.

David Lappartient a tenu à réagir également aux sifflets destinés à Chris Froome avant le départ du Tour de France samedi, à Noirmoutiers. Le Britannique a été blanchi lundi 2 juillet par l’Union cycliste internationale après un contrôle antidopage anormal. Les coureurs partent de La Baule ce mardi après-midi, pour arriver à Sarzeau (Morbihan) 4e étape mardi du Tour de France et ville dont le président de l'UCI est maire.

franceinfo : Dave Brailsford, le manager de l’équipe Sky vous critique directement en expliquant que vous avez une mentalité de "maire français" ?

David Lappartient : Je trouve cela complètement déplacé. Je serais lui, je ferais un peu profil bas. Je suis fier, moi, d’avoir une mentalité de maire français. Et quand on m’insulte en tant que maire, on insulte les 35 000 maires et les Français. Et cela, ce n’est pas bien malin de sa part. Je suis étonné qu’un patron d’équipe à ce niveau-là, puisse tenir de tel propos. Le dernier qui m’a traité de maire français, cela ne lui a pas porté bonheur, il a fait 17% à la dernière élection, c’était le président sortant [de l’UCI, Brian Cookson].

Le Britannique Chris Froome (Sky) qui a remporté quatre fois le Tour de France a été sifflé au départ de la course, est-ce un échec d’en arriver à cette situation-là ?

Je ne peux pas accepter qu’on siffle des athlètes. Il y a une procédure qui a été menée. Cette procédure a conduit l’Agence mondiale antidopage à considérer que Chris Froome n’avait pas enfreint les règles antidopage. C’est ce qu’elle m'a écrit le 28 juin dernier. Dès lors, on doit respecter le coureur et ne pas le siffler.

Pourquoi cette procédure a été aussi longue ?

Naturellement, c’est un reproche qu’on fait à l’UCI car c’est l’UCI qui conduit officiellement la procédure. Mais, entre le moment où on a eu la décision de l’Agence mondiale antidopage et celui où nous avons rendu officiellement notre décision, il s’est écoulé 4 jours. Donc ce n’est pas au niveau de l’UCI que cela a traîné. Il y a eu du retard de Chris Froome dans ce dossier, l’Agence mondiale antidopage a aussi pris du retard. La procédure est beaucoup plus complexe qu’une procédure normale et donc elle a pris malheureusement beaucoup plus de temps, j’aurais souhaité comme tout le monde, qu’elle soit résolue plus vite.

Chris Froome aurait pu prendre du recul. Il ne l’a pas fait, êtes-vous déçu ?

Il m’apparaissait logique, comme la procédure était ouverte, qu’il ne coure pas. Cela ne présageait en rien de sa culpabilité ou de son innocence, mais cela aurait enlevé un peu de tension. Nous reconnaissions à l’UCI le droit de Chris Froome de courir, mais cela n’empêche pas l’institution aussi d’avoir un avis sur ce qui peut être le plus souhaitable pour les uns et les autres, j’avais dit que c’était même souhaitable dans l’intérêt du coureur.

Comment retrouve-t-on la confiance maintenant ?

Mais je ne cherche aucun conflit avec l’équipe Sky ! On a fait un communiqué de presse qui explique l’ensemble des éléments. Pour ce qui nous concerne, ces échantillons ne constituent pas un cas positif et les explications de M. Froome ont convaincu l’Agence mondiale antidopage. C’est l’autorité suprême, et l’UCI ne peut pas faire autrement que de suivre l’Agence mondiale antidopage.

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