Cyclisme : l'Allemand Erik Zabel avoue s'être dopé

Le coureur allemand Erik Zabel lors d\'une conférence de presse à Brême (Allemagne) le 10 janvier 2008.
Le coureur allemand Erik Zabel lors d'une conférence de presse à Brême (Allemagne) le 10 janvier 2008. (CHRISTIAN CHARISIUS / REUTERS)

"EPO, cortisone, et puis après même le dopage sanguin. Cela fait vraiment beaucoup", a admis le coureur.

Il passe aux aveux. Le sprinteur allemand Erik Zabel a reconnu s'être dopé de 1996 à 2004 à l'EPO, à la cortisone et aux produits sanguins, dans un entretien publié dimanche 28 juillet sur le site internet du Süddeutsche Zeitung (article en allemand). Mercredi, la commission d'enquête sénatoriale française sur l'efficacité de la lutte contre le dopage avait révélé qu'Erik Zabel et l'Italien Mario Cipollini avaient subis des tests positifs à l'EPO lors du Tour de France 1998. 

"EPO, cortisone, et puis après même le dopage sanguin. Cela fait vraiment beaucoup", a admis le coureur qui a remporté six fois le maillot vert de meilleur sprinteur lors du Tour de France. Zabel a reconnu avoir commencé à se doper volontairement à partir de 1996 en utilisant de l'EPO, puis, les méthodes de détection allant en s'améliorant, il en est venu aux transfusions sanguines, comme nombre d'autres coureurs, a-t-il ajouté. 

Se "regarder à nouveau dans la glace"

"En 2003, j'ai reçu une transfusion de mon propre sang", a-t-il précisé. Jusqu'ici, Zabel avait seulement admis en 2007 avoir "essayé" l'EPO brièvement lors de l'année 1996. "Mais c'était faux, je me suis dopé longtemps, pendant de nombreuses années", a-t-il glissé. "Je n'ai jamais eu de programme de dopage structuré, ni aucun expert d'aucune sorte dans mon entourage et c'est pour cela que je ne me suis jamais considéré comme 'superdopé'. Je n'avais que quelques conseils", a-t-il détaillé.

"En tant que jeune coureur, je n'avais jamais trop réfléchi au fait que c'était un pas important. Mais il est bien clair aussi que je savais très bien que c'était interdit et personne ne m'a forcé non plus à prendre de l'EPO. C'était ma décision", a-t-il revendiqué. Le coureur affirme regretter aujourd'hui ses mensonges. "Je voulais avant tout conserver ma vie, ma vie de rêve en tant que cycliste professionnel. J'aimais tellement cela, cette discipline, les voyages. Mon égoïsme était tout simplement le plus fort", a-t-il expliqué. "Je sais que j'ai malheureusement laissé passer le moment où j'aurais pu espérer quelque chose en faisant des aveux ou des excuses sincères", a regretté le coureur. Avec ces aveux bien tardifs, l'ancien sprinteur, aujourd'hui âgé de 43 ans, espère pouvoir "retrouver une paix intérieur" et se "regarder à nouveau dans la glace".